La scierie des Outardes est « l’élément fort dans toute la chaîne », dit Julien Normand

Par Karianne Nepton-Philippe 9:07 AM - 14 janvier 2026
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Julien Normand, maire de Pointe-aux-Outardes. Photo Karianne Nepton-Philippe

Le maire de Pointe-aux-Outardes, Julien Normand, exprime sa déception face à la fermeture temporaire de la scierie des Outardes. Toutefois, vu l’importance et la productivité de cette usine dans l’ensemble, il a confiance que Domtar ne la laissera pas tomber. 

« C’est l’élément fort dans toute la chaîne », lance Julien Normand. « La scierie est une référence pour Domtar, qui a investi environ 20 millions $ depuis quelques années. C’est une des usines les plus modernes. »

Rappelons que la fermeture temporaire de la scierie des Outardes touche 346 employés. « Sur les 186 employés de l’usine, ce sont 10 à 15% qui viennent de Pointe-aux-Outardes », précise M. Normand. 

Le maire déplore l’échec de l’adoption du régime forestier, les tarifs et les coûts en hausse pour l’usine dans un milieu éloigné. 

« Ici, ça coûte 10 à 15 dollars du mètre cube supplémentaire qu’en Ontario ou dans d’autres provinces. En plus de 45% de tarifs, ça fait beaucoup de taxes et de frais. Mais, la scierie est ultra productive et efficace », soutient-il. 

Ce dernier reste optimiste malgré tout, car il ressent de Domtar une réelle volonté de remettre en marche l’usine le plus rapidement possible. 

Michel Desbiens préoccupé 

Le maire de Baie-Comeau a aussi réagi à la nouvelle. 

« La fermeture pour une durée indéterminée de la Scierie des Outardes, soulève des préoccupations que nous suivons de près », écrit-il sur Facebook.

« Cette nouvelle est un choc pour Baie-Comeau, pour nos familles, et pour toute notre économie locale. […] Je tiens à exprimer toute ma solidarité envers les travailleurs touchés. Vous n’êtes pas seuls. Nous travaillons déjà avec nos partenaires régionaux et provinciaux pour : accompagner rapidement les travailleurs et leurs familles soutenir les entreprises locales affectées trouver des solutions concertées pour l’avenir de notre secteur forestier », peut-on lire ensuite. 

Michel Desbiens, maire de Baie-Comeau. Photo Karianne Nepton-Philippe

Développement et diversification 

De son côté, le député de René-Lévesque, Yves Montigny, croit important de miser sur la vision de développement dans son ensemble ainsi que sur les enjeux forestiers. 

« On se retrouve dans un climat économique difficile. Les gens aux États-Unis rénovent beaucoup moins leurs maisons. Le bois d’oeuvre d’ici part par train, s’en va vers les marchés américains. Ça, c’est une décision d’entreprise de vendre au marché américain », note-t-il. 

Yves Montigny, député provincial de René-Lévesque.  Photo archives

La question de diversification des marchés ne date pas d’hier, rappelle le député provincial. 

« On est très dépendant avec notre voisin du sud. On comprend aussi que c’est plus facile de vendre près d’ici que de vendre outremer. […] Depuis la fin du travail sur le renouvellement du régime forestier, on est en discussion avec les différentes entreprises qui opèrent, comme Boisaco, Domtar et Arbec, afin de mieux correspondre aux réalités », précise-t-il. 

D’autre part, M. Montigny ne peut nier le fait que les tarifs de 45% sur le bois d’oeuvre nuisent aux entreprises. 

« Dans le secteur forestier, nous avons au gouvernement un plan de diversification dans de nouveaux produits, notamment en énergie. La filière forestière se repense actuellement, mais cela ne veut pas dire de fermer le bois d’oeuvre », ajoute l’élu. 

Absence d’un plan fédéral

Pour la députée fédérale de Côte-Nord—Kawawachikamach—Nitassinan, Marilène Gill, cette fermeture est le « symptôme » d’un problème plus large, soit l’absence d’un plan fédéral sérieux pour soutenir le secteur du bois d’oeuvre. « Ce cas n’est pas isolé. Seulement ici, rappelons-nous la fermeture d’Arbec cet automne », lance-t-elle.

Marilène Gill, députée fédérale de Côte-Nord—Kawawachikamach—Nitassinan. Photo Charlotte Paquet

Elle se questionne : « Combien d’entreprises devront fermer, combien de travailleurs devront perdre leur emploi et combien de familles devront se serrer la ceinture avant que le gouvernement Carney mette en place un véritable plan pour nos forêts et notre industrie? »

Non seulement elle déplore le manque d’action gouvernementale face aux tarifs douaniers de 45% sur le bois d’oeuvre, mais elle pense surtout aux travailleurs touchés par la situation. « Cette nouvelle est un véritable choc pour notre communauté : ce sont des centaines de travailleurs et de familles qui se retrouvent plongés dans l’incertitude, en raison de l’inaction persistante du gouvernement fédéral. »

Pour en savoir plus : 

Fermeture de la scierie des Outardes : Domtar vit un « creux historique »

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