Un bambin de 2 ans exclu de son CPE à Havre-Saint-Pierre

Olivier Ménard-Logier 4:15 PM - 21 janvier 2026
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Le Centre de la Petite Enfance Picassou de Havre-Saint-Pierre. Photo Olivier Ménard-Logier

Une jeune mère de famille de Havre-Saint-Pierre dénonce l’exclusion de son enfant du Centre de la petite enfance Picassou. Elle reproche à l’établissement de ne pas avoir tenu compte des besoins particuliers de son fils.

« Ils n’en ont pas fait assez pour Tyler », déplore Carole-Ann Dresdell, mère du petit Tyler, en entrevue avec Le Nord-Côtier. « Il faut tenir compte de son jeune âge, il n’avait que 2 ans au moment des faits », insiste-t-elle.

Son fils a été exclu le 8 juin dernier du CPE Picassou, à Havre-Saint-Pierre.

Le jeune Tyler y avait été admis, malgré la présence de troubles de comportement. Il n’a toutefois encore aucun diagnostic clair, étant donné son jeune âge.

À la suite de deux incidents lors desquels il aurait mordu un autre enfant, la direction de l’établissement a pris la décision de l’exclure.

Les parents de Tyler ont même proposé d’assumer les frais liés à un accompagnement à temps plein par une éducatrice spécialisée, une option qui n’a toutefois pas influencé la décision de l’établissement.

Depuis cette exclusion, Carole-Ann Dresdell se voit contrainte de demeurer à la maison pour s’occuper de son fils, ce qui l’empêche désormais de travailler.

« Mon conjoint doit aujourd’hui faire vivre la famille à lui seul », confie-t-elle.

La situation a des répercussions importantes sur la mère de famille et son entourage.

« Ça a été très difficile sur le plan de ma santé mentale, l’exclusion de mon enfant m’a causé beaucoup de stress, d’anxiété et d’épuisement émotionnel », ajoute la femme de 29 ans.

Nadia Ziat est directrice générale du CPE Picassou. Bien qu’elle ne puisse commenter un cas précis, elle souligne que ce type de décision est toujours délicat.

« C’est une décision qui a pris des mois de réflexion », affirme-t-elle.

Mme Ziat précise que le CPE ne peut maintenir la présence d’un enfant présentant des comportements violents envers ses camarades ou les adultes responsables, lorsque cela compromet la sécurité du groupe.

« Notre première mission est d’assurer la santé et la sécurité de tous les enfants », renchérit-elle.

La directrice générale souligne également que la pénurie de personnel complique l’offre d’un encadrement individualisé. Selon elle, certaines situations représentent des défis majeurs, notamment en raison du manque de ressources spécialisées au sein des établissements.

Le Regroupement des CPE de la Côte-Nord (RCPECN) s’est aussi exprimé sur la situation.

« Ces décisions sont souvent prises à contrecœur », affirme Nathan Cousin-Tremblay, directeur général du RCPECN. « Lorsqu’un CPE suspend la place d’un enfant, ce n’est jamais pour un diagnostic ou pour de simples troubles de comportement, c’est pour assurer la sécurité et la santé de tous nos tout-petits nord-côtiers. »

Bien qu’il ne puisse se prononcer sur un cas particulier, M. Cousin-Tremblay précise qu’il s’agit d’une suspension et non d’une expulsion. Il insiste sur le fait que les CPE sont actuellement débordés.

« Nos CPE font face à des défis constants avec de moins en moins de ressources », affirme-t-il. « On constate de plus en plus de cas de troubles du spectre de l’autisme non diagnostiqués dans les CPE », ajoute-t-il.

Entre-temps, la mère de famille indique avoir entrepris des démarches, afin de trouver un nouveau milieu de garde pour son enfant dans une autre municipalité, et ce, malgré le long déplacement quotidien qu’une telle solution pourrait lui imposer.

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