Après avoir parcouru la planète avec ses œuvres, l’artiste Magali Baribeau-Marchand s’arrête à Sept-Îles pour son exposition Factice Nature, où la grandeur comme la fragilité de la Côte-Nord sont à l’honneur.
Au retour de ses vacances sur la Côte-Nord en 2021, l’artiste saguenéenne Magali Baribeau-Marchand eut une très mauvaise surprise ; son disque dur, contenant toutes ses photos de voyage, était disparu. Seules quelques images de son passage à Kegaska, au bout de la presqu’île donnant sur l’épave du Brion, subsistaient. Ainsi naquit l’idée de l’exposition Factice Nature, qu’elle présente au CÉGEP de Sept-Îles en partenariat avec Panache arts actuels.
« La perte du reste de mes photos rend celles que j’ai conservées beaucoup plus précieuses ! » s’exclame l’artiste. Sa mésaventure exprime admirablement le propos de l’exposition : même les territoires immenses de la Côte-Nord sont une richesse fragile.
Jouer avec les contrastes
À travers ses œuvres, Magali Baribeau-Marchand tente d’illustrer les contrastes du territoire nord-côtier. D’imposantes étendues de mer peuvent cohabiter avec des milieux plus petits, plus humbles. Parfois, on a même l’impression que le réel côtoie le surnaturel. L’orage titanesque ayant précédé son arrivée à Kegaska avait empreint le lieu d’une certaine magie, qu’elle a tenté de capturer avec son appareil photo. Le sentiment qui l’avait alors emballée était « indescriptible », selon elle.
Divers médiums
« Même si j’aime beaucoup la photo, ce n’est qu’un point de départ », explique l’artiste multidisciplinaire. Dans son exposition, Magali Baribeau-Marchand utilise en effet plusieurs médiums, qui s’inspirent librement des images captées à Kegaska.
Les objets présentés font en sorte que le public se questionne sur les limites du naturel, un peu à la manière d’un trompe-l’œil. On peut entre autres y voir des céramiques qui imitent des coquillages, des boîtiers lumineux, des pierres façonnées par la nature… Elle n’a d’ailleurs aucune objection à ce que les visiteurs prennent dans leur main les objets qui les intriguent.
Regard unique
Mme Baribeau-Marchand, titulaire d’une maîtrise en arts à l’UQAC, a beaucoup voyagé. Son œuvre l’a fait parcourir plusieurs pays du Vieux Continent, de la Belgique jusqu’à la Russie. Malgré tout, elle n’a pas nécessairement l’habitude de capter les paysages les plus impressionnants.
« Je m’intéresse aux endroits où le regard n’a pas l’habitude de s’attarder », résume-t-elle. C’est pour cette raison que le thème de l’étang, autant dans sa forme réelle qu’imaginaire, lui est cher. Plusieurs œuvres en sont un exemple.
L’exposition en est à son quatrième arrêt. Après la Gaspésie, l’Estrie et le Saguenay, celle-ci tente de charmer le public nord-côtier.
« J’adore interagir avec le public et j’ai hâte de voir comment l’exposition peut ouvrir la discussion sur le rapport des gens d’ici au territoire », s’enthousiasme-t-elle.
L’exposition est présentement ouverte au public dans la bibliothèque du Cégep de Sept-Îles, jusqu’au 13 février 2026.
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