Les fermetures récentes des scieries Arbec et Outardes accentuent l’incertitude qui plane sur l’industrie forestière de la Côte-Nord. À contre-courant, la coopérative Boisaco de Sacré-Cœur affirme sa volonté de tenir bon et de traverser cette zone de turbulence.
Les acteurs de l’industrie forestière du pays ont été forcés de revoir leurs stratégies de marché avec l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche il y a un peu plus d’un an.
Parmi eux, on retrouve le Groupe Boisaco, qui est passé de l’incertitude autour des caribous forestiers à celle des tarifs.
En entrevue avec le Journal, le président de Boisaco, Steeve St-Gelais, indique que la dégringolade actuelle des marchés ne constitue pas pour autant le pire début d’année pour l’entreprise. « Sincèrement, on en tellement vu. Il y a déjà eu aussi pire, mais en ce moment, c’est creux », fait-il savoir.

Dernier debout
Bien qu’elles soient temporaires, les fermetures des scieries Outardes et Arbec frappent l’imaginaire.
Dans les deux cas, on cite la pression qu’exerce la faible compétitivité du bois nord-côtier sur les marchés.
« C’est sûr qu’on trouve ça triste. On ne peut pas être plus conscient des impacts que ça peut avoir pour les travailleurs et les communautés autour », se désole M. St-Gelais.
Le président mentionne que les entreprises forestières de la Côte-Nord ont toujours eu à faire face à d’autres problèmes en amont des turbulences tarifaires actuelles.
« C’est quand même préoccupant, mais en même temps, le constat de la réalité de l’approvisionnement sur la Côte-Nord est une réalité implacable », détaille-t-il.
Moins de volume à l’hectare que dans d’autres régions, les coûts du carburant et un contexte montagneux qui allonge les distances exigent constamment un bon brin de gymnastique.
« On a des contraintes d’approvisionnement qui sont très grandes, qui font en sorte qu’il y a un impact sur les coûts, et au final, ça reste moins compétitif que le reste de la province », résume le président.
Bien se positionner
Boisaco n’est pas une victime directe des politiques tarifaires américaines actuelles puisque seulement « 5 à 10 % de la production » y est écoulée.
Cependant, ces politiques ont donné un coup de massue dans d’autres compagnies forestières. « Il y a beaucoup de ces entreprises-là qui sont retournées sur le marché canadien, et ça a fait que le marché s’est effondré », explique Steeve St-Gelais.
La coopérative de Sacré-Cœur a toutefois réussi à bien se positionner grâce à un imposant catalogue de produits, qui ont toujours leur pertinence sur le marché canadien.
Exploitant à la fois le feuillu et le résineux, l’entreprise met davantage l’emphase sur les marchés connexes de l’Ontario, du Québec et des Maritimes.
« Dans notre stratégie de vente, on travaille dans un esprit de mise en marché de proximité. On ne dit pas qu’on ne va plus vendre aux États-Unis, mais en ajoutant les taxes qui ont monté, ça ne fonctionne pas », détaille le dirigeant.
Tirer son épingle du jeu
Boisaco entend prendre toutes les mesures nécessaires pour rester en activité, mais avec une gestion prudente. « Si ça dure deux ou trois ans, ça va prendre des proportions qui n’ont aucun sens », lance-t-il. « On va essayer de tout faire pour passer à travers », enchaîne-t-il du même souffle.
« On a une certaine diversification dans nos activités, et les deuxièmes transformations du bois aident à pondérer un peu la situation. De par notre mission, on a cette volonté de s’assurer de rester là dans le long terme », complète M. St-Gelais.
Ce dernier croit que le gouvernement pourrait tirer des leviers qui seraient bénéfiques pour l’industrie forestière sur la Côte-Nord.
« Il pourrait y avoir des mesures pour corriger le principe qu’on a qui fait en sorte que la fibre de bois sur les coûts d’approvisionnement n’est pas conforme à une juste valeur marchande. C’est important qu’il y ait des actions dans ce sens-là », conclut-il.
Horizon
Horizon, des contenus marketing présentés par et pour nos annonceurs.