Des Nords-Côtiers témoignent, la suite
Natalia Marcilese file le parfait bonheur avec son bolide acquis l’automne dernier. Photo courtoisie
Avez-vous fait la transition vers la mobilité électrique ? Y songez-vous ? Parce que tôt ou tard, vous devrez vous poser la question, Les Éditions Nordiques ont mené leur petite enquête auprès de propriétaires nord-côtiers de véhicules électriques (VÉ), satisfaits ou moins satisfaits. Un constat ? Il y a autant d’avis sur les VÉ qu’il y a de propriétaires de VÉ… voici la suite des témoignages récoltés dans le cadre de notre dossier.
Joanie Roy-Bérubé : le cauchemar électrique
Depuis qu’elle en a fait l’acquisition, Joanie Roy-Bérubé vit une relation amour-haine avec sa camionnette électrique. À la blague, elle mentionne d’ailleurs que son véhicule est en garde partagée avec… le concessionnaire.
« Ça fait un an que je l’ai et il a passé presque plus de temps au garage que chez nous », lance-t-elle
Mère d’une jeune fille autiste qui n’a pas accès au transport scolaire, Joanie Roy-Bérubé s’est tournée vers l’électrique parce que la situation implique de rouler chaque jour environ 170 km, soit 4 fois le trajet entre le coeur de Sept-Îles et le secteur Moisie.
« Pour le coût, ça valait la peine. Et l’été, je pars avec mes plus jeunes passer l’été dans un camping dans la région de Québec, donc le choix d’un “pick up” allait de soi. »

Du rêve électrique à la réalité, il n’y avait pas qu’un pas, mais bien une généreuse « débarque ».
« Je suis tombée sur un citron », admet-elle.
« Le premier voyage jusqu’à Québec s’est bien passé. Par contre, après 6 mois, ça s’est mis à moins bien aller. Le 23 juin, je suis partie pour le camping, le véhicule plein à craquer, avec trois de mes 4 enfants… et la batterie a commencé à surchauffer. Ça nous a pris 17 heures faire Sept-Iles–Québec, avec trois enfants qui avaient le mal des transports. Mon plus jeune a développé de l’anxiété suite à ça. Il a tout le temps peur qu’on reste pris sur le bord de la route ! »
Vous avez dit cauchemar ?
« Ç’a été épouvantable, je vais me souvenir de cette date toute ma vie… On est arrivé au camping à 2 h 45 du matin. »
Et la mère de famille n’était pas au bout de ses peines. Le problème vient du système de refroidissement de la batterie. Pour faire appel à la clause « citron », le problème doit être récurrent à 7 reprises. Elle en est à sa quatrième.
« J’aurais aimé ça aimer ça ! Je suis obligée de garder mon véhicule parce que j’ai 60 000 $ de “balloune”. Je l’ai payé presque 100 000 $ et ils me donnent 34 000 $ si je veux le changer », résume-t-elle.
Elle aurait voulu retenter l’expérience électrique avec un autre véhicule électrique, de type hybride peut-être, mais son conjoint est catégorique. Il n’en est pas question. « On l’a essayé…. On ne l’a pas adopté ! », conclut-elle avec humour.
Natalia Marcilese : une courbe d’apprentissage rapide
En 2023, le conjoint de Natalia Marcilese faisait l’acquisition de son premier véhicule électrique. 2 ans plus tard, elle faisait à son tour l’acquisition de ce type de véhicule. « J’ai appris a rouler électrique avec son auto. La courbe d’apprentissage de passer de moteur thermique à électrique a été difficile », confie-t-elle d’emblée.
Le duo fait beaucoup de route, entre Montréal et Sept-Îles notamment.
« Il faut apprivoiser le voyage, planifier les arrêts, comprendre l’histoire des bornes. Si on arrive sur une borne de 180 kW et qu’une auto est déjà en train de se charger, ça partage la puissance, par exemple… » dit-elle. L’information transmise par les vendeurs est parcellaire, selon Mme Marcilese. « Le char ne vient pas avec un cours 101 de compréhension de la patente ! »
En 2023, le doute s’est installé. « Au début, on se demandait si on avait fait la bonne chose, mais à force d’aller sur des blogues, on est arrivé à mieux comprendre comment ça fonctionne et on est super content ! Maintenant, c’est naturel pour nous ! »
Lorsqu’elle se déplace, la petite famille a ses « bornes chouchous ».
« On trouve qu’il y a de plus en plus de bornes et ça facilite la route. Il y a quand même des bouts qui sont un peu déserts, dans le coin des Escoumins, de Forestville et de Tadoussac, il n’y pas grand chose… »
Heureusement, les deux véhicules de la famille sont des voitures dites « long range » donc avec une autonomie d’environ 400 km.
« La plupart, c’est 150, 200 km maximum. Et il faut considérer que l’hiver, ça coupe presque de moitié, Je ne sais pas si c’est faisable tant que ça, sur la Côte-Nord », questionne la dame qui habite Franquelin et travaille à Baie-Comeau. « J’ai une borne à la maison, on charge là, y’a rien là ! »
Elle-même ne « retournerait pas en arrière ».
« Le sentiment de satisfaction quand je passe devant une station-service est trop grand ! Je dis “bye !!!” On marche et on trouve que les voitures font du bruit, de la boucane… »
L’aspect écologique est un argument de poids.
« On se dit souvent que c’est vrai qu’il y a un coût, une courbe d’apprentissage, mais on a de bons emplois, une conscience environnementale… Si nous, on ne le fait pas, qui le fera ? »
À 4 $ le plein plutôt que les 100 $ anciennement consacrés à remplir le réservoir de leur véhicule à essence, les voitures sont, au final, assez économiques.
« Je payais 5000 $ d’essence par an ! Oui, quand on fait de la longue route, les bornes de recharge publiques coûtent plus cher qu’à la maison, mais ça demeure environ 40 % du coût de faire un plein d’essence. C’est encore très intéressant ! Ça fait 2 ans qu’on navigue là-dedans et on y trouve vraiment notre compte. »
Comme d’autres usagers ayant témoigné, Natalia Marcilese déplore des lacunes entourant « l’éducation » des acheteurs de VÉ et suggère que e contrat d’achat d’un VÉ soit assorti d’un lien vers une série de tutoriels,
« Ne serait-ce que la notion de la puissance que ta batterie peut aller chercher, ce n’est pas assez communiqué et c’est fondamental. De un, pour la personne qui achète ! De l’autre, pour les autres usagers. Si tu es sur une borne trop puissante pour ton véhicule, ça ne donne rien et ça prive d’autres usagers de l’usage de cette borne. Il y a une notion de partage », conclut-elle.
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