Des retombées significatives pour une navette Minganie-Gaspésie-Anticosti, conclut une étude

Olivier Ménard-Logier 9:27 AM - 29 janvier 2026
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Le Port de Havre-Saint-Pierre etet les MRC de la Minganie et de La Côte-de-Gaspé demandent au gouvernement du Québec à s'engager dans la priorisation et le financement du projet de navette fluviale Minganie-Anticosti-Gaspésie. Courtoisie Port de Havre-Saint-Pierre

Le projet de navette fluviale reliant la Minganie et la Gaspésie via l’île d’Anticosti pourrait contribuer concrètement à l’essor économique et touristique de l’est du Québec, conclut une étude.

Porté depuis 2022 par la Corporation du Port de Havre-Saint-Pierre, la MRC de Minganie, et la MRC de la Côte-de-Gaspé, le projet de navette fluviale a franchi un pas important avec le dévoilement des résultats de l’étude sur les bénéfices économiques.

À la lumière de cette étude, les porteurs du projet demandent au gouvernement du Québec de prioriser et de financer le projet dans la nouvelle mouture de sa Stratégie maritime.

Selon Odessa Thériault, directrice générale du Port de Havre-Saint-Pierre, il s’agit d’un moment charnière.

« Le gouvernement va être en mesure de se positionner sur ce projet prioritaire pour l’est du Québec », déclare-t-elle.

 Coûts et bénéfices

Selon l’étude, le déficit annuel moyen anticipé de la navette s’élèverait à 6,7 millions de dollars pour les cinq premières années d’opération. En contrepartie, les retombées économiques annuelles sont évaluées à plus de 12,5 millions de dollars, soit près du double du déficit.

« Autrement dit, la navette s’autofinancerait en grande partie », indique Daniel Côté, maire de Gaspé et préfet de la MRC de La Côte-de-Gaspé.

 Le projet favoriserait également le développement économique et touristique, tout en contribuant à l’accessibilité des communautés autochtones.

« Les études sont claires : la navette Minganie-Gaspésie via Anticosti est un projet structurant, réaliste et rentable socialement », a conclu Odessa Thériault.

Selon Mathieu Paquette, économiste et associé chez Aviseo Conseil, qui a réalisé l’étude des retombées, le rehaussement du tourisme constitue l’un des éléments clés de la démarche.

À pleine capacité, la navette pourrait transporter jusqu’à 56 000 personnes annuellement. Afin d’estimer des retombées de façon prudente, la firme Aviseo s’est basée sur un taux d’occupation de 70 %, ce qui représenterait tout de même, selon M. Paquette, un impact significatif sur la vitalité économique et touristique régionale.

Un service attendu pour les insulaires

 En développement depuis 2022, la navette fluviale permettrait de desservir adéquatement l’île d’Anticosti, seule île habitée du Québec ne bénéficiant pas d’un service de transport maritime régulier et fiable.

« Malgré le statut de site du patrimoine mondial de l’UNESCO que possède l’île, les citoyens d’Anticosti demeurent les seuls insulaires sans lien maritime fiable avec le continent », précise Meggie Richard, préfète de la Minganie.

Elle ajoute que la navette constitue un projet essentiel pour faire rayonner l’ensemble de la région, qui regorge d’opportunités. « La Minganie est plus qu’une région ressource », affirme-t-elle.

Le projet reçoit également un accueil des plus favorables de la part de la mairesse de la Municipalité de L’Île-d’Anticosti, Hélène Boulanger. Elle y voit une initiative pour la revitalisation des régions, notamment pour Anticosti.