La voix d’Elisabeth St-Gelais de Pessamit résonne jusqu’en Europe !
La soprano innue Elizabeth St-Gelais, dont la carrière prend un envol fulgurant. Photo André Rainville
Révélation Radio-Canada Classique 2023-2024, Elisabeth St-Gelais accorde une entrevue au Nord-Côtier dans une période très prolifique de sa carrière. Portrait de la soprano de 29 ans, dont la voix résonne jusqu’en Europe.
« La musique fait partie de ma vie depuis mon plus jeune âge », dit la chanteuse originaire de Pessamit.
Le public de Sept-Îles a pu l’entendre au concert de Noël du 17 décembre dernier en compagnie de Florent Vollant, mais c’est sur les plus grandes scènes du monde, de New York à Paris qu’on l’applaudira désormais.
Sa formation musicale, qui commence par des cours de chant pendant son enfance, a cumulé vers une maîtrise en opéra et chant à l’Université McGill.
« On est toujours un peu nerveux quand on chante pour la première fois à la Maison symphonique, ou pour des chefs d’orchestre de renom comme Yanick Nezet-Séguin », explique St-Gelais au Nord-Côtier.
Pourtant, partout où elle est passée, les critiques ont été généralement très positives. Après son prestigieux Prix d’Europe en 2023, le critique de musique classique au Devoir Christophe Huss a même qualifié son talent de « rare » et son potentiel d’« immense ».
Point tournant
« Remporter le prix Wirth a été un point tournant. C’est à ce moment que j’ai réalisé que faire carrière comme soprano était un rêve possible », se remémore la chanteuse.
Le prix d’art vocal Wirth est une distinction octroyée au meilleur talent lyrique de l’école de musique Schulich de l’Université McGill. Lauréate de ce prix en 2022, Elisabeth St-Gelais eut la piqûre. Cette année, la compétition internationale de chant Gerda Lissner à New York est dans sa mire.
Pour Elisabeth St-Gelais, l’éducation est une valeur phare.
« Le système d’éducation a une importance capitale pour les trajectoires de vie que l’on emprunte », résume-t-elle.
Non seulement l’école peut être un incubateur de talent, mais elle peut être à l’origine de rencontres marquantes. C’est d’ailleurs sa professeure de chant au Cégep d’Alma, Luce Gaudreault, qui a fait éclore sa musicalité et lui a permis de croire en son rêve.
« On voit de plus en plus d’artistes autochtones sur la scène musicale classique canadienne », note-t-elle, un pas dans la bonne direction pour la réconciliation. « Je crois que le milieu de la musique classique est assez sensible à l’intégration des Autochtones, autant dans le choix des pièces que dans les artistes invités », remarque-t-elle.
Cette mise en valeur de l’identité autochtone en musique s’est illustrée, entre autres, dans sa collaboration avec Alexis Vollant, compositeur également originaire de Pessamit. St-Gelais a pu interpréter son Requiem pour la guérison, en première mondiale. Un requiem est une œuvre musicale traditionnellement définie comme une messe des morts. L’inspiration du compositeur Alexis Vollant est venue de la découverte de sépultures anonymes dans les pensionnats autochtones.
La musique sur la Côte-Nord
La Côte-Nord n’est pas le meilleur endroit pour se produire lorsqu’on fait du classique, mais la musicienne est optimiste de voir les choses changer.
« L’orchestre symphonique de la Côte-Nord (OSCN) bénéficie d’un chef exceptionnel qui permet de démocratiser notre art », s’enthousiasme-t-elle.
Tout en veillant au maintien de la qualité musicale de son orchestre, Benoît Gauthier souhaite initier plusieurs Nord-Côtiers à la musique classique. Son dernier concert offrait par exemple une intégration de danse et d’arts visuels en plus d’œuvres classiques. L’OSCN a présenté les 5 et 6 décembre un concert de Noël à Baie-Comeau, mettant en scène le célèbre Casse-Noisette de Tchaïkovksy, voulant séduire un public de tout âge.
Identité et fierté autochtones
Malgré sa carrière qui l’amène à se produire dans les grands centres urbains, St-Gelais apprécie retourner dans la communauté de Pessamit.
« Les gens m’accueillent toujours avec bienveillance et une grande fierté », s’émeut-elle.
Elle tente de lancer un message positif et d’espoir, en montrant que l’atteinte de ses rêves est possible lorsqu’on y met assez de rigueur et de passion.
L’avenir s’annonce radieux pour cette amoureuse de la musique classique. Parmi ses nombreux projets, elle sera appelée à jouer un rôle dans l’opéra Così Fan Tutte, de Mozart, donné à Paris dans les prochaines années. Entre-temps, elle interprétera l’œuvre colossale des Quatre derniers Lieder de Strauss, dans le cadre du festival Classica en juin prochain.
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