Centre d’études collégiales de Forestville : des étudiants refusent de le voir disparaître

Par Johannie Gaudreault 11:45 AM - 3 février 2026
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Six étudiants dénoncent la possible fermeture du Centre d'études collégiales de Forestville, même si elle est évitée pour un an au moins. Photo Johannie Gaudreault

Même si la fermeture du Centre d’études collégiales de Forestville est évitée pour au moins une année, des élèves manifestent une vive inquiétude. Pour ces derniers, c’est l’avenir de l’accès aux études supérieures en Haute-Côte-Nord qui est en jeu.

Apprendre que leur établissement pourrait fermer ses portes a été un choc pour les six étudiants rencontrés au Centre d’études collégiales de Forestville. L’annonce leur a été faite lors d’une visite du directeur général et du directeur des études du Cégep de Chicoutimi, le 20 janvier. Selon les étudiants, le message était clair.

« On nous a dit qu’ils avaient tout fait pour garder le centre ouvert, mais que ça ne fonctionnait pas et que les activités allaient se terminer à la fin de la session d’hiver », explique Noa Lapointe, qui termine son DEC en Sciences humaines cette année. Aucun scénario alternatif ni possibilité de maintien temporaire ne leur aurait alors été présenté.

« Sur le coup, ça ne m’a pas touché, mais après j’ai réalisé que ça ne concernait pas que moi. Il y a aussi ceux qui auraient aimé étudier ici, dans leur ville, pour économiser de l’argent. C’est là que je me suis dit qu’il fallait dénoncer cette décision », raconte celui qui a organisé la rencontre avec le Journal. 

Pour plusieurs, étudier à Forestville n’était pas un choix par défaut, mais une décision réfléchie, souvent motivée par la réalité financière.

« La majorité d’entre nous, c’est pour l’argent. Rester ici permettait de travailler, de rester chez nos parents et de se bâtir un budget pour la suite », résume Karianne Sirois, qui quittera pour le Cégep de Chicoutimi en juin. 

Le Centre permet notamment de compléter des cours de base avant d’intégrer une technique ou l’université. « Quand tu arrives dans ta technique, tu as déjà une partie de faite. Tu peux te concentrer sur le reste et travailler à côté », renchérit Raphaël Berthiaume, un autre étudiant qui souligne aussi les bienfaits offerts par les petits groupes.

Celui-ci veut poursuivre ses études collégiales à Forestville à l’automne. Il a donc été ébranlé par l’annonce de la possible fermeture. « Il fallait que je pense à un plan B. Je n’étais pas préparé à m’en aller étudier ailleurs », affirme celui qui veut travailler dans l’informatique. 

Les étudiants vantent unanimement la qualité de l’environnement d’apprentissage. « Ici, tu n’es pas un numéro. Les profs te connaissent, et si tu as des difficultés, tu peux leur en parler », déclarent d’un commun accord Karianne et Raphaël. Le taux de réussite élevé du centre, qu’ils estiment à près de 90 %, est aussi cité comme un indicateur de cette réussite.

« Ce n’est pas tous les cégeps qui peuvent dire que leurs élèves diplôment à ce taux-là », ajoute Noa qui n’aurait pas eu les moyens financiers de faire des études supérieures sans le CEC de Forestville.

Si les étudiants reconnaissent que des mesures de transition leur ont été proposées, notamment pour les transferts vers d’autres cégeps, ils estiment que la décision ne tenait pas compte des générations futures. 

« Ils ont pensé à nous, mais pas au global. Pas aux jeunes qui comptaient venir ici pour se donner le temps de se bâtir un budget », déplore Karianne Sirois, qui est convaincue que la fermeture du centre risque d’accentuer l’exode des jeunes. 

« S’il n’y a plus d’établissement d’enseignement supérieur ici, les gens partent, et ils ne reviennent pas », croit-elle.

Une mobilisation porteuse d’espoir

La mobilisation citoyenne organisée devant le centre le 26 janvier, qui a rassemblé une cinquantaine de personnes malgré le froid, a néanmoins redonné un certain espoir. Les étudiants ne s’attendaient pas à voir autant de gens se mobiliser pour la cause. Certains auraient aimé y participer, mais ils n’ont pas été mis au courant de l’activité. 

Même si plusieurs demeurent réalistes quant à l’avenir du centre, tous s’entendent sur l’importance de maintenir une offre d’enseignement supérieur en Haute-Côte-Nord. « Ce n’est pas parce qu’on n’est pas nombreux qu’on n’en vaut pas la peine », conclut Noa Lapointe.

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