Un cabinet de psychiatrie pour les jeunes ouvre à Sept-Îles

Par Emy-Jane Déry 5:30 AM - 3 février 2026
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La Dre Isabelle Gingras en compagnie de Lia Herrarte, intervenante en santé mentale et coordonnatrice de la clinique. Photo courtoisie

Après 20 ans de pratique à l’hôpital, la Dre Isabelle Gingras ouvre un cabinet de psychiatrie pour les jeunes à Sept-Îles. 

« C’est le dernier pan de ma carrière avant ma retraite. Je ferai au moins 5 ans et si je suis en forme, je pourrai étirer ça plus longtemps », dit la Dre Isabelle Gingras. 

Cette décision de quitter l’Hôpital de Sept-Îles après 20 ans n’est en aucun cas un contrecoup du contexte récent de l’implantation de la loi 2. 

« Si c’était ça, je serais partie dans une autre province », assure-t-elle. 

C’est plutôt un désir de pouvoir travailler et répondre aux besoins locaux, sans devoir passer par la parfois lourde bureaucratie de la structure du CISSS. 

« Si je veux développer des services, c’est moi qui décide », illustre-t-elle. « Je n’ai pas besoin de monter un projet, de soumettre ça au premier palier de gestionnaires, qui montent ça plus haut. Après, il y a des comités et des sous-comités… »

Cette souplesse pourra notamment permettre de réagir et de proposer des services spécifiques à la population. 

« On est capable de se déployer rapidement, ou de développer des services localement en fonction que s’il arrive une situation X, on se revire de bord rapidement », dit-elle. 

Dre Isabelle Gingras a pratiqué la psychiatrie chez les adultes pendant la majorité de sa carrière, avant d’avoir un véritable « coup de foudre » dit-elle, pour la pédopsychiatrie, en 2024. 

Meilleur accès

Lorsqu’elle s’est lancée dans cette pratique, elle était à ce moment-là la seule sur la Côte-Nord et deux ans plus tard, c’est toujours le cas. 

« Il y avait à ce moment-là des années d’attente pour un pédopsy pour les enfants », rapporte-t-elle. 

Avec son cabinet, l’accès sera facilité, assure-t-elle. Il faudra tout de même une référence médicale, mais les délais seront écourtés, puisque le processus de pré-évaluation avant de se retrouver ensuite sur une liste d’attente ne sera plus nécessaire.  

À ce stade-ci, il n’y a pas non plus de liste d’attente. Les patients qui feraient une demande de service seraient vus dans les prochaines semaines. 

« Ce que j’offre, c’est un accès plus direct. Il n’y a pas plein d’étapes à passer pour voir le psychiatre », résume-t-elle. 

De plus, depuis peu, en matière de psychiatrie, les références peuvent désormais être faites par d’autres intervenants en santé mentale, en plus des médecins. C’est donc de dire qu’un travailleur social, par exemple, pourrait référer un usager pour rencontrer un psychiatre. 

La pédopsychiatre sera épaulée par une intervenante en santé mentale. Dre Gingras pourra aussi offrir le service  d’évaluation pour des suspicions de TSA (trouble du spectre autistique)

La médecin compte actuellement environ 80 patients. Aucun d’entre eux ne se retrouvera orphelin. Elle préservera leur dossier, ou dans de rares cas, ils ont été transférés à des collègues du service hospitalier. 

Le cabinet s’adressant aux jeunes de 4 à 18 ans ouvrira le 16 février, au 2e étage de Place Sept-Îles. Pour info : clinique.dr.gingras@outlook.com. 

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