Itinérance : du jamais vu pour la directrice de Point de rencontre à Baie-Comeau

Par Karianne Nepton-Philippe 8:00 AM - 8 février 2026
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Manon Corbin, directrice de l'organisme Point de rencontre à Baie-Comeau. Photo courtoisie

« En 15 ans, je pense que c’est la pire année que j’ai vécue. C’est très criant en ce moment », déclare la directrice de Point de rencontre, Manon Corbin. L’organisme de Baie-Comeau arrive toutefois à bien répondre à la demande depuis le début de l’hiver.

Manon Corbin fait partie de l’équipe de Point de rencontre depuis 15 ans. Nommée directrice en novembre dernier, elle a pris ses nouvelles fonctions au moment où l’organisme a dû augmenter sa capacité d’hébergement en ajoutant des lits.

Après la fermeture du service Entre deux portes du Carrefour Jeunesse Manicouagan en novembre, la directrice a mis quatre lits supplémentaires à la disposition des gens en situation d’itinérance à Baie-Comeau. 

« À la base, Point de rencontre possède trois lits pour les personnes en difficulté. Avec la fermeture et l’approche de l’hiver, j’ai pris l’initiative d’ouvrir pour sept lits au total jusqu’au mois d’avril », explique Mme Corbin. « C’est presque toujours plein. Depuis le début de l’hiver, j’ai dû une fois ou deux refuser quelqu’un. Sinon, ça roule bien », ajoute-t-elle. 

Du jamais vu 

Manon Corbin décrit la situation actuelle comme du jamais vu. C’est la situation économique qui est au cœur du problème. « Le prix des loyers a tellement augmenté. C’est vraiment le plus gros problème qu’on vit », déclare-t-elle. 

Selon elle, l’augmentation des coûts pour l’ensemble des services essentiels, comme se loger et se nourrir, est la raison principale pour laquelle les gens ont de plus en plus besoin d’aide. « Avant, avec trois lits, c’était régulier que nos lits soient tous pris. Mais, on n’avait pas d’appels d’urgence comme on en a en ce moment », note-t-elle. 

L’organisme Point de rencontre à Baie-Comeau possède sept lits pour les personnes en situation d’itinérance cet hiver. Photo courtoisie

La directrice de l’organisme précise rester en contact avec l’ensemble des organisations aidant les personnes qui éprouvent des difficultés. De son avis, la collaboration est essentielle. « Les organismes se tiennent, car on veut faire du mieux qu’on peut. » « Une fois arrivés ici, on voit pourquoi les gens ont de la difficulté à partir et c’est le contexte économique », ajoute-t-elle. 

Pas de limite

La maison de Point de rencontre offre ces lits aux personnes en situation d’itinérance ou en situation de crise relationnelle. Pour la première fois cet hiver, la limite de 15 jours de séjour tombe. La directrice explique qu’en raison de la situation, elle privilégie l’accompagnement au cas par cas. 

« Dû à la problématique que la région vit, on l’élargit de plus en plus. Pour l’hiver, je n’ai pas de limite. Je ne retournerai pas quelqu’un dans la rue après 14 jours », indique-t-elle. « Mais, il faut quand même respecter nos règles de vie », ajoute la gestionnaire. Il y a zéro tolérance pour la consommation et le bénéficiaire du service doit être en recherche active d’un emploi ou d’un appartement. 

Les quatre nouveaux lits étaient auparavant utilisés pour les gens en réinsertion sociale, pour Service correctionnel Canada. Pour l’instant, elle est en mesure de s’en servir pour accueillir les gens en situation d’urgence.« Si les services correctionnels ont besoin de reprendre les lits, j’aurai un choix à faire. Pour l’instant, je peux les utiliser », indique Manon Corbin. 

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