Les défis de la danse en région éloignée

Par Edmond Sauvé 11:16 AM - 18 février 2026
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Le spectacle annuel de l'École de danse de Sept-Îles qui ne manque pas de rassembler les foules. Crédit Tipou Productions (Jean-Phillip Grenier)

La danse professionnelle au Québec souffre d’un manque criant de financement selon un récent rapport. Pendant ce temps, les écoles de danse de la Côte-Nord s’en tirent bien, mais doivent composer avec certains défis. 

Les danseurs professionnels ont un salaire insuffisant pour vivre de leur art, démontre un rapport du Regroupement québécois de la danse (RQD) paru en janvier 2026.

« C’est préoccupant, car les artistes n’ont pas assez d’argent pour leur entraînement personnel et pour les soins de santé en prévention », s’inquiète Parise Mongrain, directrice du RQD.

La qualité de la performance peut en payer le prix et le risque de blessures s’en trouve affecté. Mais l’étude a été réalisée avant que le Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ) n’injecte des millions de dollars en investissements directs dans le milieu culturel. Sans que le montant directement relié à la danse soit connu, le CALQ précise sur sa page que le budget du programme Soutien à la mission a été porté à 119,8 millions de dollars pour le cycle 2024-2028.

Parise Mongrain voit cette aide publique d’un bon œil, mais déplore que le budget du Conseil des arts du Canada, voté en mars 2025, n’ait pas emprunté la même direction. À son avis, le montant projeté sera trop faible pour couvrir l’augmentation des coûts de productions des œuvres qui seront créées.

Répercussions en région

« Il y a une réelle volonté des salles de spectacle nord-côtières de mettre de l’avant de la danse dans leur programmation. Par exemple, la salle Jean-Marc Dion de Sept-Îles est membre de La danse sur les routes et s’engage donc à présenter trois spectacles de danse par année. En échange, elle bénéficie de subventions », explique Annie-Claude Coutu-Geoffroy, directrice de l’organisation La danse sur les routes du Québec.

Cet organisme a pour but d’encourager les diffuseurs régionaux à présenter des spectacles de danse. Sans leur aide, il serait pratiquement impossible d’amener les citoyens de petites villes isolées à voir de telles performances, devant les coûts faramineux des productions.  

Pour sa part, Nathalie Savard, directrice de l’Académie de danse de Baie-Comeau, se dit plutôt optimiste pour l’avenir de la danse au niveau amateur sur la Côte-Nord. Après quelques années creuses durant la pandémie, les inscriptions ont globalement été en constante progression chaque année.

Le réel défi réside dans la formation et la rétention de nouveaux professeurs.

« Souvent, mes nouveaux professeurs sont d’anciens élèves qui occupent leur premier emploi, donc il faut s’assurer de bien les former », explique la directrice. « Lorsque j’ai besoin d’un professionnel de la danse, je le fais venir de Montréal, mais cela engendre des coûts importants, surtout en raison du déplacement et de l’hébergement. »

L’École de danse de Sept-Îles présente des caractéristiques semblables et abonde dans le sens de son homologue baie-comoise.

« Les défis de la danse en région sont importants, mais nous voyons le futur d’un bon œil », explique Gabrielle Guérault, la directrice du conseil d’administration. Malgré « un bel intérêt du public, surtout lors d’événements et de spectacles », elle soutient qu’il y a « un réel besoin de soutien pour la pérennité de la danse ».

Le spectacle de danse AVES annulé à Sept-Îles et Baie-Comeau