Traverse Trois-Pistoles-Les Escoumins : frappera-t-elle un mur en 2030 ?
On aperçoit le capitaine de L'Héritage I, Jean-Philippe Rioux. Il est également gestionnaire des opérations de la Compagnie de navigation des Basques. Photo Renaud Cyr
La traverse Trois-Pistoles-Les Escoumins a besoin d’oxygène, comme toutes les traverses intermédiaires. Il lui tarde que le gouvernement du Québec remette en place un programme d’aide pour soutenir ses opérations et, par ricochet, le maintien des retombées économiques si importantes pour les deux petites communautés qu’elle dessert.
« Moi, je me bats pour ma traverse. Je me bats pour mes paroisses », lance Jean-Philippe Rioux, capitaine de L’Héritage I et gestionnaire des opérations pour la Compagnie de navigation des Basques, propriétaire du bateau.
M. Rioux insiste sur l’impact économique majeur du service de traversiers pour Trois-Pistoles et Les Escoumins, en raison de la petite taille de ces localités. C’est la même chose pour Forestville, du côté de la traverse Rimouski-Forestville, dit-il.
Or, les traverses intermédiaires, pourtant bien utiles au Québec pour faire face au flux de voyageurs entre les deux rives, particulièrement en hausse saison, ont très peu de reconnaissance de la part de Québec.
Dotée d’un chiffre d’affaires de plus de 2 M$, la traverse reliant la région des Basques à la Haute-Côte-Nord peut profiter, comme d’autres entreprises, de quelques milliers de dollars ponctuels d’Emploi Québec pour la prolongation de semaines de travail ou d’activité de formation. « Mais on s’entend que ce sont des miettes de pain, même pas », laisse tomber le capitaine et gestionnaire.
Il y a aussi le comité sectoriel de la main-d’œuvre du secteur maritime, qui peut aider quelque peu. « Mais encore là, c’est pas des grosses affaires et ça s’arrête pas mal là. »
Un mur à venir
Le navire a beau être très bien fonctionnel malgré ses 53 ans, mais justement en raison de son âge, des travaux importants s’en viennent et sans soutien financier, Jean-Philippe Rioux martèle que l’entreprise ne passera pas au travers.
Oui, il y a les inspections annuelles nécessaires à tout navire, mais la prochaine cale sèche obligatoire, prévue en 2030, cause déjà des maux de tête.
« Elle va encore coûter les yeux de la tête et on n’aura pas d’argent pour payer. Le mur est là pour nous. C’est certain que si on n’a pas d’aide de Québec, il faut trouver des solutions. »
Aussi, même si L’Héritage I est encore efficace pour des années, il n’en reste pas moins qu’un jour viendra aussi où la Compagnie de navigation des Basques devra réfléchir à la construction d’un nouveau navire.
La dernière cale sèche obligatoire en 2020 et les rénovations majeures ayant été faites alors avaient permis d’envisager un horizon supplémentaire de 20 ans, pour l’espérance de vie du navire.
Retour sur l’aide
Au cours de l’hiver 2022-2023, la traverse Trois-Pistoles-Les Escoumins a réalisé des travaux de réfection des espaces intérieurs pour ses passagers grâce à un programme d’aide pour les infrastructures maritimes, dont un volet était consacré aux traverses intermédiaires. En raison du montant maximal de 1 M$ permis par projet, elle n’avait réussi qu’à réaliser la moitié de ses ambitions.
« On a quand même eu un 5 M$ en 2020 pour faire des rénovations majeures, mais ça a pris une mobilisation citoyenne et un combat social pour ça », rappelle encore le capitaine de L’Héritage I.
Depuis avril 2025, les traverses intermédiaires sont laissées carrément à elles-mêmes. Le dernier programme d’aide n’a pas été reconduit et aucune annonce n’a encore été faite sur une éventuelle nouvelle mouture plus adaptée aux besoins. M. Rioux garde cependant confiance, mais il lui tarde d’en obtenir la confirmation.
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