De Forestville aux scènes du monde : le fil invisible d’une marionnettiste

Par Anne-Sophie Paquet-T. 7:00 AM - 4 mars 2026
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Anne Lalancette (à droite) fait partie de l'équipe de la nouvelle mouture de Passe-Partout. Elle manipule plusieurs marionnettes et prête sa voix au personnage de Kiwi.  Photo Karljessy Jonff 

Née sur la Côte-Nord et restée profondément attachée au fleuve, la marionnettiste forestvilloise Anne Lalancette trace, depuis plus de deux décennies, un parcours peu commun, entre créations scéniques, tournages télévisuels et tournées internationales.

Elle exerce un métier discret, souvent associé à l’enfance, mais qu’elle contribue à faire rayonner bien au-delà de cette étiquette. On peut penser aux marionnettes de Passe-Partout et, plus récemment, avec Racontars arctiques, présenté à divers endroits dans le monde, dont sur la Côte-Nord.

Une Côte-Nord « maison »

Anne Lalancette a grandi à Forestville jusqu’à l’âge de 12 ans. Si la vie l’a menée ailleurs, sa famille ayant déménagé au Lac-Saint-Jean après le décès de son père, l’artiste décrit encore Forestville comme un repère intime.

« Je me fais toujours un devoir d’y aller au moins une fois par année… pour moi, c’est resté vraiment ma maison, dans mon cœur, le fleuve, la Côte-Nord », confie-t-elle en entrevue au journal Le Manic.

Un déclic inattendu

Rien ne destinait d’emblée Anne Lalancette à la marionnette. Formée en graphisme, en dessin animé puis en scénarisation à l’UQAM, c’est presque par hasard qu’elle découvre ce médium en 2004, dans un café près de l’université.

Un marionnettiste chilien y donnait un atelier improvisé de marionnettes à fils. « Ça a vraiment été un coup de foudre », raconte-t-elle. Elle y trouve enfin un art qui réunit deux dimensions qui l’attirent soit, la fabrication et l’interprétation. Elle se forme ensuite en multipliant stages et formations spécialisées. « C’est vraiment comme ça que j’ai appris mon métier », résume-t-elle.

Sur scène dans Racontars arctiques, une création du collectif La ruée vers l’or. Le spectacle, présenté sur la Côte-Nord en février, poursuit sa route à l’international après sa création en 2021. Photo Louis-Martin LeBlanc

Un parcours unique

Rapidement, les occasions se multiplient. En 2006, à peine deux ans après sa découverte de la marionnette, elle crée un premier spectacle présenté au festival Juste pour rire. L’expérience agit comme un tremplin. Les projets s’enchaînent, au Québec comme à l’étranger, notamment au Mexique où elle participe au prestigieux festival Cervantino.

Au fil des ans, Anne Lalancette diversifie sa pratique avec le théâtre, le cinéma et la télévision. Elle fait aujourd’hui partie de la distribution de la nouvelle mouture de Passe-Partout, dont l’équipe tourne actuellement les neuvième et dixième saisons.

Derrière les personnages, elle manipule plusieurs marionnettes et prête aussi sa voix à Kiwi. « J’écoutais ça religieusement quand j’étais jeune. Les premières saisons, j’avais vraiment l’impression de vivre un rêve », confie-t-elle.

Parallèlement, elle poursuit ses propres créations avec le collectif, qu’elle a cofondé La ruée vers l’or avec le musicien Alexandre Harvey. Leur spectacle Racontars arctiques, inspiré des récits nordiques de l’auteur danois Jørn Riel, a vu le jour en 2021. Présenté sur la Côte-Nord en février, le spectacle connaît depuis une importante tournée internationale qui mènera l’équipe en Europe au cours de la prochaine année.

Malgré cet agenda chargé, la marionnettiste continue de se projeter vers l’avenir. Un nouveau spectacle, intitulé Klondike, est en création et devrait être présenté une première fois à l’été 2027 en Gaspésie. Si elle se dit « extrêmement chanceuse » de vivre de son art, l’artiste rappelle que ce métier niché repose aussi sur le travail et le réseau. « Ce n’est pas un milieu où on attend que le téléphone sonne. Il faut aller à la rencontre des gens », souligne-t-elle.

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