Concilier proche aidance et carrière

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Par Nadia Dorval 5:00 AM - 10 mars 2026
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Josyane Lizotte et ses deux filles, à droite Evelyne et dans les bras de sa mère Claudelle. Photo courtoisie

Josyane Lizotte de Port-Cartier est maman de deux petites filles de 8 ans et 6 ans. À la fin de ses études en ressources humaines, elle avait un plan de carrière bien établi. Un plan qu’elle a dû ajuster après être devenue proche aidante.

C’est vers l’âge de trois ans que sa plus jeune fille, Claudelle, a eu son diagnostic d’autisme non verbal. À partir de ce moment-là, Josyane Lizotte a dû revoir son quotidien afin de pouvoir offrir plus de temps à son enfant.

« C’est sûr que c’est un soutien qui est constant et qui est essentiel pour son autonomie, mais qui est aussi permanent dans le sens que sa condition, ce n’est pas une maladie, ça ne va pas guérir », dit Josyane Lizotte, maman et proche aidante.

Selon elle, la première étape est de reconnaître qu’on est une personne proche aidante, ce qui est difficile pour plusieurs. Selon les statistiques de l’organisme l’Appui proche aidance, c’est 35 % des personnes proches aidantes qui ne se définissent pas comme telles.

« On dirait que c’est dur de l’admettre parce que moi-même, je suis la mère de ma fille, la ligne est mince. Est-ce que je suis sa maman ou je suis sa proche aidante ? », dit Mme Lizotte.

Le fait d’être proche aidante l’a emmené à redéfinir sa vision de sa carrière.

« Avant, dans ma carrière, j’aurais pu dire, je veux vite accéder à tel poste. Je veux vite avoir telle responsabilité plus élevée. Maintenant, je me calme un petit peu en me disant que j’ai toute la vie et que j’ai de bonnes années encore devant moi dans ma carrière », ajoute-t-elle.

La façon qu’elle a trouvée afin de concilier son rôle de personne proche aidante et sa carrière est de faire des choix. Apprendre à dire non à certaines propositions. Tout ça dans le but de ménager son énergie.

Le soutien des proches et des collègues

Pour Josyane Lizotte, le soutien des proches est essentiel quand on est une personne proche aidante pour éviter de s’épuiser.

« À un moment donné, moi je mets tous les chapeaux (..) je dois me battre pour ma fille, pour l’accès aux soins, je dois aller à ses rendez-vous, je dois coordonner les différents plans d’intervention avec les professionnels qui la suivent. C’est plusieurs chapeaux, puis c’est ce qui me fatiguait le plus », explique Josyane Lizotte.

« Puis à un moment, je me suis dit, je veux juste être sa mère, tout simplement », ajoute-t-elle.

 Elle croit fermement que plus on va parler de proche aidance et plus les gens seront sensibilisés dans les milieux de travail plus la conciliation entre proche aidance et carrière épanouissante sera possible.

Qu’est-ce que la proche aidance?

En 2022, sur la Côte-Nord, on estimait à 25 500 personnes qui seraient proches aidantes, selon les chiffres de l‘Institut de la statistique du Québec et de l’enquête de l’organisme l’Appui proche aidant. Au Québec, c’est un adulte sur trois qui est proche aidant.

Avec une proportion d’environ deux adultes nord-côtiers sur cinq qui sont proches aidants, on peut affirmer que les gens qui vivent cette réalité sont omniprésents. Mais qu’est-ce que la proche aidance concrètement ?

« C’est le fait d’apporter du support à quelqu’un qui a une incapacité. Par exemple, quelqu’un qui a une incapacité physique, une incapacité mentale, un problème de santé mentale ou de la perte d’autonomie tout simplement », explique Mélanie Tremblay, agente de planification, de programmation et de recherche – volet proche aidance et AIPPA.

Mme Tremblay précise que le temps qu’on accorde à la personne n’a pas d’importance, dès qu’il y a un lien affectif et qu’une personne l’aide de façon régulière, on parle de proche aidance. Il existe aussi plusieurs types de proche aidance.

Il y a les adultes qui s’occupent de leurs parents vieillissants. Ça peut être aussi de l’accompagnement d’une personne qui a un problème de santé mentale, par exemple une personne qui vit une dépression profonde. Mélanie Tremblay explique que très bientôt les enfants de 12 ans et plus pourront être considérés comme proche aidant.

« Ça touche beaucoup plus d’enfants qu’on pense », dit Mélanie Tremblay. 

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