Une usine de gaz naturel liquéfié à Baie-Comeau pourrait permettre au Québec de profiter d’un contexte énergétique mondial favorable et de devenir un fournisseur stratégique pour l’Europe, qui cherche à diversifier ses sources d’approvisionnement en gaz.
Le projet d’usine de gaz naturel liquéfié (GNL) envisagé par Marinvest à Baie-Comeau pourrait représenter une occasion économique importante pour le Québec et la Côte-Nord, alors que l’Europe cherche de nouvelles sources d’approvisionnement en énergie.
C’est ce que soutient une note économique publiée en février par l’Institut économique de Montréal (IEDM), qui analyse les perspectives du marché mondial du gaz naturel et le rôle potentiel du Québec dans ce secteur.
« Le projet Marinvest arrive à un moment charnière, alors que l’Europe cherche à la fois à remplacer son approvisionnement en gaz naturel russe, mais également celui en provenance de la Norvège qui anticipe une baisse de la production », explique Gabriel Giguère, analyste senior en politiques publiques à l’IEDM.
« Le Québec et le Canada ont une réelle occasion favorable pour répondre à cette demande et renforcer nos liens commerciaux avec l’Europe », ajoute-t-il.
Selon l’étude, les importations européennes de gaz reposent encore largement sur certains grands fournisseurs. En 2024, la Norvège représentait environ le tiers de ces importations. Or, la production d’hydrocarbures du pays nordique devrait diminuer de 28 % d’ici 2035 et de 64 % d’ici 2050 par rapport aux niveaux actuels.
Cette baisse anticipée pourrait ouvrir la porte à de nouveaux fournisseurs sur le marché européen.
Une demande mondiale toujours forte
La note économique souligne également que la demande mondiale de gaz naturel devrait continuer de croître dans les prochaines décennies. Selon le scénario des politiques actuelles de l’Agence internationale de l’énergie, elle pourrait augmenter d’environ 30 % d’ici 2050.
Dans ce contexte, un projet de liquéfaction du gaz naturel au Québec pourrait permettre d’exporter cette ressource vers les marchés internationaux, notamment en Europe.
L’étude met aussi en évidence l’avantage géographique du Québec, et particulièrement de Baie-Comeau, pour desservir les terminaux européens.
La distance maritime entre Baie-Comeau et plusieurs ports européens se situe entre 2 876 et 3 375 milles nautiques. À une vitesse moyenne de 15 nœuds, un navire pourrait rejoindre le terminal de Dunkerque, dans le nord de la France, en environ huit jours.
À titre comparatif, un trajet depuis les terminaux américains du golfe du Mexique prendrait environ 14 jours, tandis qu’un départ de Doha, au Qatar, nécessiterait plus de 17 jours.
« La géographie joue ici en faveur du Québec », souligne M. Giguère. « Une distance plus courte signifie des temps de livraison plus courts, et donc un coût de transport moindre qu’en faisant affaire avec ses principaux concurrents. »
Un projet que l’IEDM souhaite voir priorisé
L’IEDM rappelle qu’un projet comparable, GNL Québec, aurait permis de produire jusqu’à 46 millions de mètres cubes de gaz naturel liquéfié par jour. Selon les estimations de l’organisation, cela aurait représenté environ 1,7 milliard de dollars d’exportations annuelles et l’équivalent de 6,2 % des importations européennes de gaz en 2024.
Pour l’organisme, les processus d’évaluation environnementale longs et imprévisibles peuvent toutefois freiner la réalisation de projets énergétiques majeurs.
« Le Québec ne doit pas répéter les erreurs du passé, affirme M. Giguère. Un processus d’évaluation long et imprévisible décourage les investisseurs et empêche des décisions claires. »
Dans ce contexte, l’IEDM estime que le projet d’usine de gaz naturel liquéfié de Marinvest à Baie-Comeau devrait être considéré comme prioritaire dans le cadre du projet de loi Q-5, afin d’assurer une évaluation environnementale « rigoureuse, mais efficace et prévisible ».
L’Institut économique de Montréal est un groupe de réflexion indépendant en politiques publiques dont les bureaux sont situés à Montréal, Ottawa et Calgary. Par ses publications et ses interventions dans les médias, l’organisme indique vouloir stimuler le débat public sur les politiques économiques et l’entrepreneuriat.
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