Par ici, les semis !
Semer les graines individuellement dans des plateaux de type multicellules peut être une bonne option pour les plants de petites dimensions que vous ne souhaitez pas repiquer. Getty Images/iStockphoto - piyaset
Les journées qui rallongent rallument immanquablement la flamme intérieure du jardinier amateur ! Vous l’entendez, cet appel de la terre, fort comme le chant des corneilles ? L’enthousiasme et la patience sont de mise. Voici quelques conseils pour bien faire vos propres semis, la première étape d’une saison potagère réussie !
Matériel de base
– du terreau à semis (plus fin que le terreau de rempotage)
– de l’éclairage (pas essentiel, mais n’oubliez pas que vos semis auront besoin de 12 à 14 heures de lumière chaque jour)
– des plateaux multicellules, des barquettes, des petits pots ou des contenants recyclés transparents (comme les récipients de salade, de petits fruits ou autre, mais attention : toujours faire des trous au fond pour l’écoulement de l’eau)
– des étiquettes (les bâtons de bois de type « popsicle » et un crayon-feutre permanent font très bien l’affaire ! On peut également couper avec un ciseau des pots et couvercles de plastique en languettes)

– des semences de votre choix (il est toujours préférable de choisir des semences biologiques pour leur qualité et parce que vous pourrez récupérer des graines pour vos semis de l’an prochain lors de vos récoltes
– Facultatif, mais bienvenu : un ou plusieurs tapis chauffants.
Vos semis, étape par étape
1- Humidifier la terre.
Vider votre sac de terreau dans un grand bac et l’arroser d’eau jusqu’à ce qu’il soit bien humidifié. Un truc ? Si vous prenez une poignée de terre et la pressez, elle doit former un semblant de motte, mais elle ne devrait pas dégoutter.
2- Remplir les récipients de votre choix.
Ici, vous avez l’embarras du choix, mais veillez à toujours laisser un espace de quelques centimètres dans le haut de vos godets, pots et barquettes. On peut cogner délicatement le pot sur une surface ferme pour tasser la terre, mais éviter de la presser.

3- Semer !
Généralement, on sème les graines à une profondeur équivalent à 3 fois leur grosseur avant de les recouvrir de terreau fin et bien aéré. Selon la dimension des semences, il est possible de semer plusieurs dizaines de graines dans un seul récipient puis de laisser pousser jusqu’à ce que vos petits plants aient atteint une hauteur suffisante [généralement 4 feuilles] pour le repiquage dans des pots individuels ou de microcellules. C’est le cas des tomates, par exemple, et des fines herbes.
Évitez de semer l’entièreté de votre sachet de laitue d’un même élan, car il vous sera impossible de tout avaler dans une même semaine ! Calculez à peu près le nombre de laitues que vous pouvez manger par semaine et ajustez vos semis en conséquence.
Les cucurbitacées [concombre, courge, melon] préfèrent quant à eux ne pas être manipulées, alors il est préférable de les semer dans un godet de 3 ou 4 pouces. Le plant sera repiqué directement au jardin et avec soin, en évitant de briser les racines. Ces plants bénéficieront d’un abri [serre, tunnel…] dans les milieux nordiques.
N’oubliez pas que plusieurs graines pourront être semées directement au jardin. C’est le cas des haricots, des carottes, des petits pois…

4- Couvrir
Pour obtenir un effet « serre », recouvrir vos récipients de pellicule plastique ou fermer, sans les sceller, vos barquettes de plastique translucide. Ceci aura pour effet de maintenir l’humidité, mais attention ! Vos plants ont besoin de respirer !
5- Surveiller
Vos petites graines germeront selon le délai indiqué sur le sachet ou à peu près. Lorsque la graine a germé, il est important d’enlever la pellicule plastique ou le couvercle et d’inonder le petit plant de lumière. Si vous n’avez pas d’éclairage d’appoint, une fenêtre au sud ou au sud-est pourrait convenir, mais n’oubliez pas de faire pivoter vos plateaux de temps en temps pour assurer une juste distribution de la lumière.
6- Repiquer
Si vous avez planté « serré », vous voudrez sans doute donner un peu d’espace à vos petits plants. C’est le moment de les repiquer dans des contenants individuels ou des plateaux multicellules de taille adéquate. Il s’agit de la dernière étape avant la mise en pleine terre, mais vous devrez peut-être repiquer quelques fois, par exemple si vos plants de tomates deviennent géants !
7- Au jardin !
Quand tout risque de gel sera écarté [pour la plupart des variétés], c’est le temps de planter !

Le trio gagnant
Pour bien croître, vos semis auront besoin de trois choses essentielles :
1- Une température constante et relativement chaude [entre 15 et 20 degrés, d’où l’utilité d’un tapis chauffant si, par exemple, vous faites vos semis dans un endroit frais].
2- De l’humidité [trop, c’est comme pas assez ! Évitez le sur arrosage autant que la sécheresse].
3- De la lumière. Après la germination des graines, la lumière est essentielle afin d’éviter l’étiolement ou ” la pousse en orgueil “.
La fonte des semis : un ennemi à contrôle !
Vos semis allaient si bien et là, ils meurent les uns après les autres, leur petite tige « fondant » sans que vous puissiez y faire quoi que ce soit ? C’est la faute de l’eau ! Quelques trucs pour éviter la fonde des semis : évitez d’arroser à l’eau froide, ce qui stressera vos plants. Idéalement, remplir vos arrosoirs la veille afin de laisser l’eau tempérer.

Es-tu dans la zone ?
Tout jardinier connaît le principe des zones de rusticité. Celles-ci se déclinent de 1 [la plus clémente] à 8 [la plus rigoureuse], pour le Québec. La vaste majorité du territoire de la Côte-Nord et de Charlevoix se trouve en zone 3, mais bonne nouvelle [ou pas, c’est selon], le territoire de Sept-Îles est passé de la zone 3a durant les années 1960 à 1990 à la zone 3 b pour la période 1990-2020, selon Ressources naturelles Canada (RNCan).
Attention ! « Certains facteurs locaux importants, comme le microrelief, le nombre d’abris offerts et les légères variations de l’enneigement, sont trop localisés pour être représentés sur la carte. Par ailleurs, les variations climatiques observées d’une année à l’autre et les techniques de jardinage employées peuvent également avoir une grande incidence sur la survie des plantes en un lieu donné », selon RNCan.
Quel semis quand on est en zone 3 ?
Plusieurs calendriers sont disponibles sur le web, notamment sur le site Espace pour la vie du Jardin botanique de Montréal et sur le site de Marthe Laverdière, mais voici quelques grandes lignes.
Début mars : Céleri-rave, poireau, oignon et artichaut.
Mi-mars : Laitue [1er semis], céleri, aubergine et poivron.
Début avril : Tomate, chicorée, persil, sarriette, thym, romarin, sauge et tagète.
Mi avril : Brocoli et chou-fleur primeur [1er semis], laitue [2e semis].
Mai : Chou d’hiver, chou de Bruxelles, brocoli et chou-fleur [2e semis], melon et tournesol.
[Source : Le jardinage écologique, Yves Gagnon, Éditions colloïdales]
Quelques sites web intéressants
– Les sites des semenciers comme Les Jardins de l’Écoumène, la Ferme coopérative Tourne-Sol, La Société des Plantes, les Semences du Portage sont de bons choix pour l’achat de semences et de vraies mines d’informations.
– Espace pour la vie [espacepourlavie.ca]
– Lili Michaud, agronome [lilimichaud.com]
– Marthe Laverdière [marthelaverdiere.com]
De nombreux livres, notamment ceux d’Yves Gagnon, sont disponibles à la bibliothèque ou en librairie.
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