Incendie à Baie-Comeau : un père sauve ses enfants de justesse
La résidence du 1003, rue Delanoë, à Baie-Comeau, a été lourdement endommagée par l'incendie survenu le 15 mars en fin de soirée. L'immeuble de trois logements est considéré comme une perte totale. Photo courtoisie
La voix de Yohan Fillion est encore tremblante d’émotion lorsqu’il se confie au journal Le Manic, moins de 24 heures après l’incendie qui a ravagé en quelques minutes à peine la résidence qu’il occupait avec ses enfants sur la rue Delanoë, à Baie-Comeau.
Le drame s’est déroulé le 15 mars en fin de soirée, alors que le père de famille de 50 ans se trouvait seul à la maison avec ses trois enfants, soit ses filles de 6 et 11 ans et son garçon de 17 ans. Sa conjointe, Marie-Claude Girard, n’était pas présente puisqu’elle travaillait ce soir-là.
La fumée envahit la maison
Tout s’est amorcé lorsque sa fille de 11 ans lui a signalé la présence de fumée dans la salle de bain. « Elle disait qu’il y avait de la boucane », raconte-t-il. « Mon garçon a ouvert la porte de l’entrée et on a vu qu’il y en avait déjà dans l’escalier. »
Pendant que son fils appelait les pompiers, Yohan Fillion est monté réveiller sa plus jeune, âgée de six ans. Il l’a prise dans ses bras pour sortir rapidement, tandis que l’aînée le suivait de près. Une fois à l’extérieur, le père s’est toutefois aperçu que sa grande n’était plus à ses côtés.
Dans la confusion et la panique, l’enfant de 11 ans était retournée à l’intérieur de la résidence, déjà submergée par une épaisse fumée.
Chercher dans la fumée
Il a alors confié sa cadette à une voisine afin de la mettre en sécurité avant de retourner dans la maison envahie par la boucane pour retrouver son enfant.
« Je ne la voyais pas », souffle-t-il, la voix encore brisée par l’émotion. « Je l’ai entendue. » Guidé par sa voix, il dit avoir avancé à tâtons dans la fumée. « J’ai palpé et j’ai réussi à lui pogner un bras. »
Le père de famille croit avoir échappé au pire de justesse. « Si je n’avais pas sorti en 10 minutes, on restait là », confie-t-il encore secoué, les sanglots dans la voix, mesurant la rapidité avec laquelle la situation s’est aggravée.
En sortant de la résidence, une vague de chaleur l’a frappé de plein fouet. « La boule de feu m’a frappé dans le dos », se souvient l’homme, encore marqué par la scène. Il raconte se rappeler de cette chaleur intense, ajoutant qu’une partie de sa chevelure a également brûlé dans la foulée.

Tout perdre
Toute la famille a été transportée à l’hôpital après avoir été incommodée par la fumée. Le garçon de 17 ans a aussi subi une brûlure à la main, mais aucune blessure grave n’a été signalée.
La résidence, qui comptait trois logements, est aujourd’hui considérée comme une perte totale.
« On a tout perdu », se désole le père de famille.
Une vague de solidarité
Depuis l’incendie, Yohan Fillion, sa conjointe et ses enfants sont hébergés temporairement chez sa mère, à Manic-2, le temps d’entreprendre les démarches auprès des assurances et de tenter de se reloger et de repartir avec rien du tout.
Malgré le choc, l’élan de solidarité qui s’est rapidement manifesté dans la communauté lui apporte un important réconfort. « Quand tout le monde se mobilise en même temps, ça fait une grosse vague d’amour », exprime-t-il, touché par les nombreux gestes de soutien reçus depuis l’incendie.
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