Après avoir lancé une invitation aux élus à relever avec lui un défi de survie de 24 heures dans les Monts Groulx, le Baie-Comois Kevin Grenier ne s’attendait pas à recevoir de réponse. Contre toute attente, la députée Marilène Gill a levé la main, quasi immédiatement, formant un duo aussi improbable qu’inattendu.
« Quand on m’a parlé de ce défi-là, j’ai tout de suite dit : je vais challenger un élu ! Ça ferait du bien qu’un élu revienne dans le vrai monde », lance d’entrée de jeu celui qu’on surnomme Kevin « Big » Grenier, en entrevue avec le Journal. « Tout de suite, Marilène Gill m’a appelé. »
Le défi « Survie 24 h dans l’Nord » a pour but d’amasser des fonds pour Homme aide Manicouagan et Centraide Haute-Côte-Nord Manicouagan.
Plusieurs équipes participent à ce défi, qui se tiendra du 3 au 6 avril dans les Monts-Groulx. L’objectif général est de 30 000 $. Kevin Grenier et Marilène Gill, qui ont pour nom d’équipe « Alliance improbable », ont déjà récolté environ 3 000 $, ce qui les place à mi-chemin de leur objectif.
Ce qui les unit
La députée fédérale de Côte-Nord-Kawawachikamach-Nitassinan est consciente que ce duo peut faire sursauter quelques personnes. « Malgré tout ce qui peut nous séparer, on peut s’allier pour une cause », soutient celle qui mentionne ne pas avoir besoin d’être convaincue de l’importance de la cause.
« On travaille pas mal tous avec des gens qui n’ont pas le même avis que nous ou les mêmes opinions. Mais, je pense que la population souhaite qu’on mette ça de côté. Les gens n’ont pas envie de chicane, ils veulent qu’on s’aide », ajoute-t-elle.
Les questions d’égalité, d’équité et les questions humaines sont au cœur des préoccupations soulevées par l’élue, qui se dit à l’écoute et touchée par l’histoire de Kevin Grenier.
Le visage de la pauvreté
Pour le Baie-Comois, les organismes communautaires sont plus que jamais importants pour les gens qui souffrent en silence, mais ne trouvent pas de ressources.
C’est ce qui l’a surtout motivé à réaliser ce défi de survie. « Le visage de la pauvreté a changé », s’exclame Kevin Grenier.
« Je travaille autant sur la construction que dans les bars, que je donne du temps bénévolement dans les organismes. Je m’aperçois que plus on s’en va vers une pauvreté, plus les gens vont s’isoler », ajoute-t-il.
Le citoyen a d’ailleurs fait le tour des organismes communautaires, discuté avec les bénévoles et a constaté leurs besoins. « Je suis allé les voir pour savoir comment ça fonctionnait pour trouver du financement, pour amasser des sous pour eux. Patrick Desbiens, d’Homme Aide Manicouagan, m’expliquait à quel point les demandes augmentaient. C’est lui qui m’a parlé du défi 24 h », raconte Kevin Grenier.
Le Baie-Comois profite aussi de cette occasion pour lancer un message aux élus, qu’il souhaite voir plus souvent sur le terrain, sans ce que ça soit pour des événements précis. « Les élus doivent reconnecter avec le vrai monde. »
Relever un défi
« Il faut aussi mentionner qu’on se lance dans un défi qui est pour moi de l’inconnu, ou plutôt une insécurité », lance Marilène Gill en parlant du défi en soi de passer une journée entière en nature, au pied des Monts Groulx.
La députée fédérale, déjà amoureuse de la nature, dit avoir hâte de vivre l’expérience et dresse un parallèle entre l’insécurité du défi au geste de don. « Le don n’est pas nécessairement facile. S’ouvrir et donner nous amène au-delà de nous-même », souligne-t-elle.
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