Partage, création et encouragement à un vrai rassemblement : ce sont les trois objectifs que s’est donnés le Centre des arts de Baie-Comeau à travers des ateliers réunissant des jeunes de Baie-Comeau et Pessamit.
Dans le cadre d’InnuRassemble, le Centre des arts a voulu innover en proposant des ateliers artistiques à des adolescents, question de briser la glace et provoquer les échanges.
C’est une approche axée sur l’humain et son voisin pour Fanny Lessard, responsable de la médiation et du développement des publics au Centre des arts de Baie-Comeau.
« L’objectif d’InnuRasemble est de rassembler les jeunes des communautés autochtones et les jeunes de la Manicouagan, par le biais des arts de la scène », indique-t-elle.
Le projet unit 10 élèves de l’école secondaire Serge-Bouchard, 10 de la polyvalente des Baies ainsi que 10 autres de l’école secondaire Uashkaikan de Pessamit.
Ils auront la chance d’assister à un atelier de l’artiste autochtone Anyma Ora’, qui donne un spectacle le 25 mars à Baie-Comeau. L’artiste offrira aussi une prestation à Pessamit le 24 mars.
Mais, au-delà de cet atelier, le Centre des arts voulait pousser l’expérience plus loin. « On trouvait ça important de faire des activités autour de cette visite. Si ça avait été seulement par le spectacle, on n’atteignait peut-être pas le rassemblement qu’on recherche », croit Fanny Lessard.

Créations et vernissage
Le projet a donc pris une tournure plus vaste, sur deux semaines. Les jeunes se sont rencontrés à quelques reprises pour des ateliers de création.
« On est allé chercher ces jeunes-là pour qu’ils se rassemblent et créent quelque chose ensemble », lâche Mme Lessard.
Une première rencontre était organisée au Centre des arts de Baie-Comeau, pour qu’ils se rencontrent et choisissent leur thématique.
Trois thèmes ont été déterminés : se rassembler, le temps et les traditions.
« Notre première rencontre, au Centre des arts, était le fun, parce qu’on a vraiment fait le tour du Centre des arts. On a pu apprendre à se connaître et apprendre d’autres métiers dans la salle de spectacles », raconte Alice Ouellet, finissante à la polyvalente des Baies.

« On a fait un jeu pour choisir notre thématique. Je trouve que ça se passe super bien. On a rencontré les autres écoles et on a pu jaser ensemble », lance ensuite Sarah Crépeau, 12 ans, de Pessamit, lors de l’atelier de création tenu le 19 mars au Centre d’amitié autochtone.
Sur six jeunes rencontrés par le Journal, cinq mettaient pour la première fois les pieds au Centre d’amitié autochtone. Tous n’avaient que de bons mots à dire sur l’endroit et son ambiance.
Sarah Crépeau et ses deux coéquipiers, Yanlouka Riverin St-Onge et Hanna Riverin-Rock, réalisaient sur place un capteur de rêve. Leur projet : utiliser le thème « se rassembler » dans une mini-pièce de théâtre.

De leur côté, Alice Ouellet et Prisca Jean, élève en classe d’adaptation scolaire, ont bâti leur projet artistique sur le thème du temps.
« Ça a commencé par un genre de grand collage, parce qu’on ne voulait pas s’arrêter sur une idée précise. On voulait que chacun puisse mettre sa touche personnelle », raconte Alice Ouellet.
« On a finalement fait un arbre. Sur chaque branche, il y a plein d’idées ou d’images qui représentent les traditions », poursuit Prisca Jean.
Pour la thématique du temps, les jeunes ont opté pour un collage de plusieurs images représentant différentes cultures à travers les époques.
« Au départ, on voulait faire une bande dessinée, mais on n’avait pas assez de temps. Donc, on s’est séparé en équipes de deux et on a pris chacun une culture, comme autochtone, anglaise, française. C’est comme une bande dessinée, mais reconstruite », dit Océanne Couture, élève à la polyvalente des Baies.
Les jeunes pésenteront leurs créations lors d’un 5 à 7 le jeudi 26 mars au Centre d’amitié autochtone.

Des jeunes engagés
Fanny Lessard dit « mission accomplie » en parlant de l’objectif de l’initiative.
« Le fait d’amener le côté création dans tout ça, je trouve que c’est un beau milieu pour discuter ensemble. C’est un beau projet de rencontre pour eux et je crois qu’on a vraiment réussi l’objectif cette année », lance-t-elle.
Elle a observé, lors des activités, des jeunes « engagés, curieux et créatifs ».
« Il y en a qui sont partis de la première rencontre pour revenir à la deuxième avec du matériel. Il y en a qui avaient déjà des textes d’écrits. Ils sont vraiment engagés dans le projet », raconte-t-elle fièrement.

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