Le communautaire retire sa confiance à Chantal Rouleau et réclame son départ
Sur la Côte-Nord, les actions se multiplient. Le 30 mars, les organismes communautaires manifestaient devant le bureau du député Yves Montigny, à Baie-Comeau. Photo Carrefour familial de Chute-aux-Outardes
Le ton monte dans le milieu communautaire : plus de 1 800 organismes en grève et des dizaines de milliers de travailleurs voient leur ras-le-bol culminer en une demande claire : le remplacement immédiat de la ministre Chantal Rouleau.
Le Réseau québécois de l’action communautaire autonome (RQ-ACA) et le mouvement Le communautaire à boutte annoncent qu’ils retirent « toute leur confiance » envers la ministre responsable de la Solidarité sociale et de l’Action communautaire, Chantal Rouleau. Les deux organisations demandent au premier ministre de nommer un nouvel interlocuteur dès maintenant.
Cette prise de position survient à la suite d’un exercice d’interpellation tenu vendredi dernier à l’Assemblée nationale, où des représentants du mouvement dénoncent une « déconnexion » et un « mépris » de la part de la ministre.
Selon les organisations, pendant près de deux heures, Mme Rouleau s’est limitée à défendre son bilan, sans aborder la détresse vécue sur le terrain. Elles affirment également que les députées qui l’accompagnaient ont insisté sur la générosité gouvernementale, niant l’existence d’un sous-financement.
Les groupes communautaires jugent que la ministre « ne mesure pas la gravité de la situation », alors que les témoignages de travailleurs se multiplient. Ils critiquent aussi l’évocation d’un plan d’action gouvernemental « qu’elle n’a même pas amorcé et qui pourrait prendre jusqu’à deux ans avant de voir le jour ».
Une rencontre refusée
Au terme de l’interpellation, la ministre aurait refusé de rencontrer les représentants présents, invoquant un horaire chargé. Elle se serait limitée à de brèves salutations.
« Avec ce geste, madame Rouleau a tourné le dos à plus de 1 800 organismes en grève et à plus de 20 000 travailleuses et travailleurs du communautaire. Une telle attitude, à l’intérieur des murs de l’Assemblée nationale, un lieu hautement symbolique, est indigne de la fonction qu’elle occupe », affirment conjointement Caroline Toupin, du RQ-ACA, et Mathieu Gélinas, du mouvement Le communautaire à boutte.
Des demandes au gouvernement
Le RQ-ACA et le mouvement Le communautaire à boutte formulent plusieurs demandes au gouvernement :
– la démission de la ministre Chantal Rouleau et la nomination d’une nouvelle personne interlocutrice ;
– la mise en place urgente d’une table de négociation avec le premier ministre, ou la prochaine personne à occuper cette fonction ;
– l’octroi d’une partie des 250 M$ de marge de manœuvre discrétionnaire du gouvernement ;
– le maintien du Fonds d’aide à l’action communautaire autonome (FAACA), jugé essentiel pour l’autonomie du milieu.
Les organisations indiquent par ailleurs attendre toujours un engagement clair de la part d’autres membres du gouvernement pour instaurer une véritable table de négociation.
Dans ce contexte, le mouvement communautaire autonome affirme vouloir maintenir, voire intensifier, ses moyens de pression. « Tant que de véritables engagements ne seront pas pris par la Coalition avenir Québec, le mouvement maintiendra l’escalade de ses moyens de pression », préviennent les organisations.

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