Collision mortelle : Anaïs Fortin-Cozzens était venue prêter main-forte à la Côte-Nord
Une enquête criminelle est en cours pour déterminer les circonstances de la collision qui ne serait pas « un simple accident de la route », selon l’Association des policières et policiers du Québec. Photo courtoisie
Décédée dans une collision sur la route 138 à Portneuf-sur-Mer, une enquêteuse de 36 ans de la Sûreté du Québec était déployée temporairement dans la région pour prêter main-forte à ses collègues, dans un contexte de pression accrue liée aux crimes majeurs.
La mort d’une policière survenue le 31 mars vers 10 h 45 sur la route 138, à Portneuf-sur-Mer, ébranle l’ensemble du corps policier québécois. Anaïs Fortin-Cozzens se trouvait sur la Côte-Nord depuis quelques jours afin d’appuyer les équipes locales, dans le cadre d’opérations visant notamment la lutte au crime organisé.
« Ce n’est jamais facile de perdre une collègue en devoir comme ça a eu lieu hier », confie le président de l’Association des policières et policiers provinciaux du Québec, Dominic Roberge. « C’est une annonce épouvantable, une annonce de décès d’une très bonne amie pour ses collègues de Gatineau. »
Selon les informations recueillies, la policière quittait la région après un séjour amorcé le 23 mars. Elle faisait partie de ces effectifs déployés sur une base volontaire pour soutenir les équipes nord-côtières, confrontées depuis plusieurs mois à une surcharge de travail.
« On a besoin de gens qui vont venir passer 7 à 10 jours à Sept-Îles, travailler fort, aider les gens qui sont là », explique M. Roberge.
Ce type de déploiement, souvent qualifié de « fly-in fly-out », est devenu courant dans la province. Il vise à répondre à la pression croissante sur les enquêteurs, notamment dans les dossiers de crimes majeurs. « Il y a quand même une grande solidarité dans notre travail. De savoir que des gens sont un peu plus en détresse, très surchargés, tout le monde participe », souligne le président.
L’enquêteuse œuvrait au sein de la Division des enquêtes sur les crimes majeurs, un rôle spécialisé qui lui permettait d’apporter une expertise recherchée sur le terrain. « C’était quelqu’un d’expérience qui venait donner des heures et travailler efficacement », précise Dominic Roberge qui était sous le choc d’apprendre son décès en fin d’avant-midi hier.
Au-delà de son engagement professionnel, la policière laisse derrière elle une conjointe, également policière, et trois jeunes enfants. M. Roberge souligne l’impact profond de cette perte au sein de ses collègues à Gatineau : « Tout le monde était en larmes. »
Les déplacements sur de longues distances, souvent par la route, font partie de la réalité de ces affectations temporaires. « Il y a des risques. Hier, c’était la fin de son séjour sur la Côte-Nord […] et il est arrivé ce malheureux accident sur la route », ajoute-t-il.
Deux enquêtes
Deux enquêtes sont en cours pour faire la lumière sur les circonstances de la collision : une enquête criminelle et une autre en matière de santé et sécurité du travail, supervisée notamment par la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail.
« On veut vérifier les causes et circonstances », partage M. Roberge qui dévoile que la collision ne serait pas « un simple accident de la route ». Il ne peut toutefois en dire davantage pour ne pas nuire à l’enquête.
Des discussions sont également en cours entre la famille et la Sûreté du Québec afin d’organiser des funérailles. Un hommage d’envergure pourrait être envisagé, comme ça a été le cas lors de précédents décès en service.
Dans les rangs policiers, le drame suscite aussi un sentiment de culpabilité chez certains collègues de la Côte-Nord. « Il y a des gens qui se sentent coupables de dire qu’on demande un coup de main […] puis finalement, il y a quelqu’un qui meurt là-dedans », rapporte Dominic Roberge.
Malgré la tragédie, il insiste sur l’importance de reconnaître l’engagement de la policière. « Elle voulait faire la différence, elle a fait un sacrifice familial […] pour aller donner un coup de main. »
Notons que les policiers qui lèvent la main pour aller prêter main-forte à Sept-Îles sont volontaires. Ils le font pour aider leurs confrères et aussi, pour le défi professionnel. « Avec la hausse des crimes violents depuis deux ans sur la Côte-Nord, les policiers font vraiment du travail concret. C’est enrichissant », conclut le président de l’APPQ.

Collision à Portneuf-sur-Mer : une policière est décédée dans l’exercice de ses fonctions
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