Sondage: Dorian, Debby, Fiona et la Côte-Nord

Par Emelie Bernier 5:00 AM - 1 avril 2026 Initiative de journalisme local
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En 2019, Dorian avait entraîné des vents de 110 km/h et 50 mm de pluie en Basse-Côte-Nord et sur Anticosti. Photo achives

Si les noms Dorian, Ida, Fiona, Béryl ou Debby évoquent de mauvais souvenirs, vous êtes probablement le candidat idéal pour participer à l’enquête de l’Observatoire québécois de l’adaptation aux changements climatiques (OQACC) de l’Université Laval.

Pierre Valois, directeur de l’OQACC, est spécialiste des aléas climatiques et de leurs impacts sur les populations. Intitulé « Retours d’expérience par sondage auprès de la population sur la gestion des risques liés aux ouragans et aux tempêtes post-tropicales au Québec », le projet de recherche poursuit deux objectifs, soit améliorer la gestion et réduire les impacts de queues d’ouragans et de tempêtes post-tropicales futures au Québec, explique-t-il.

Des membres de l’équipe se rendront d’ailleurs sur la Côte-Nord dans les prochains mois pour partager les résultats de la recherche et valider leur interprétation auprès de la population.

« À l’OQACC, on s’intéresse à tous les aléas : chaleur, inondations, pollen, tiques… Selon les projets, on travaille avec l’Institut national de santé publique (INSPQ), le ministère de l’Environnement… Ce sondage-là est une collaboration avec le ministère de la Sécurité publique », précise le professeur de l’Université Laval.

Le sondage a jusqu’ici été mené dans l’ensemble du Québec.

« On questionne les gens sur la façon dont ils ont vécu la situation. Quels ont été les problèmes auxquels vous avez fait face ? Qu’est-ce que vous avez fait pour vous protéger avant, après ? Pas pour savoir qui a bien ou mal fait, mais tout ça a un but éducatif, pour aider les gens à mieux prévenir et à mieux réagir quand une situation comme ça va se reproduire », poursuit M. Valois, qui utilise sciemment le mot « quand » et pas « si ».

Car, hors de tout doute, il y aura d’autres tempêtes post-tropicales aux conséquences variables : infiltration d’eau, vents violents, panne de courant prolongée, etc. 

« On mesure toutes sortes de questions sur la perception du risque, notamment. Est-ce que les gens savent quoi faire ? On sait que ça coûte cher, se protéger, c’est facile de dire “faites ceci ou faites cela”, mais si ça coûte très cher, on sait que plusieurs ne le feront pas… »

À ce jour, 2200 personnes dans l’ensemble du Québec ont répondu au sondage.

L’équipe donne toutefois un coup de barre pour rejoindre les répondants de la Côte-Nord. 

« Sur la Côte-Nord, c’est un peu plus difficile de rejoindre une certaine masse critique, parce qu’il y a moins de monde. À Montréal, c’est plus facile d’avoir des répondants, mais en Beauce, par exemple, on est allé sur le terrain. On veut faire la même chose sur la Côte-Nord », dit celui qui a déjà contacté les directions générales de certaines municipalités et villes comme Port-Cartier, Havre-Saint-Pierre et Anticosti. 

« On va se déplacer pour aller présenter les résultats et voir avec les locaux comment les interpréter. Comme chercheur, je peux faire une interprétation, mais être hors contexte », explique-t-il.

La participation au sondage est complètement anonyme et contribue à étayer la recherche. Ultimement, les résultats pourraient être utilisés pour établir certains protocoles. 

« Il faut qu’il y ait une coopération avec les villes, les chercheurs, les ministères… C’est parfois surprenant de voir que les gens ne connaissent pas certains comportements préventifs aussi simples que mettre les objets de valeur à une certaine hauteur dans le sous-sol, par exemple. On a vu ailleurs des applications simples qui donnent une série d’actions facile d’accès à entreprendre. Le but demeure de limiter les impacts matériels, oui, mais aussi psychologiques, pour la population », conclut Pierre Valois. 

Pour participer au sondage, vous devez être âgé d’au moins 18 ans, être entièrement ou en partie responsable du soutien familial et avoir été touché ou avoir craint d’être touché par au moins une des cinq tempêtes post-tropicales suivantes : Dorian (7 et 8 septembre 2019), Ida (2 au 4 septembre 2021), Fiona (23 au 25 septembre 2022), Béryl (10 et 11 juillet 2024) ou Debby (8 au 10 août 2024). 

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