La Journée de l’infirmière autochtone passée sous le radar à Pessamit

Avatar photo
Par Roseline Pelletier 11:45 AM - 10 avril 2026 Initiative de journalisme local
Temps de lecture :

Émilie Bacon, directrice de la santé au Centre de santé de Pessamit. Photo Roseline Pelletier

« Si j’étais restée en ville, mon travail aurait été bien plus facile », lance l’ancienne infirmière bachelière et actuelle directrice de la santé au dispensaire de Pessamit, Émilie Bacon. Malgré les défis qu’elle rencontre au quotidien, la première édition de la Journée de l’infirmière autochtone du 10 avril lui était complètement méconnue.

Rappelons que l’ordre professionnel des infirmiers et infirmières du Québec (OIIQ) a lancé la toute première Journée de l’infirmière autochtone, dans une finalité d’inclusivité et de reconnaissance. 

L’information ne semble toutefois ne pas s’être rendue au bureau d’Émilie Bacon. « C’est une attention qui est appréciée », note-t-elle, après en avoir été informée par Le Manic.

Mme Bacon, originaire de Pessamit, possède une vaste expérience en soins infirmiers. Elle baigne dans ce milieu depuis l’obtention de son diplôme en Sciences infirmières à l’Université de Montréal en 2007.

Après ses études, elle a pratiqué le métier d’infirmière à l’Hôpital St-Luc, qui fait maintenant partie du Centre hospitalier universitaire de Montréal (CHUM), pendant quelque mois, avant de revenir à ses sources à Pessamit.

« J’ai occupé pas mal tous les postes ici », déclare-t-elle. Émilie Bacon se promène depuis 2009 entre la santé maternelle et infantile, les soins des maladies chroniques, la santé mentale, la santé sexuelle, les soins d’urgence et les soins à domicile. Depuis novembre 2025, elle occupe le poste de directrice de la santé du dispensaire. 

Pessamit est à 40 minutes en voiture de l’hôpital Le Royer de Baie-Comeau. C’est le centre hospitalier le plus près de la communauté innue.

« Le défi d’être infirmière en région éloignée, c’est de devoir travailler avec moins de procédures préétablies. Ça peut faire peur, mais moi je ne veux pas que je les gens soient craintifs de venir travailler ici. Quand j’étais infirmière, j’aurais aimé avoir davantage de marches à suivre. C’est dans cette optique-là que j’ai appliqué pour le poste de directrice : pour mettre en place des démarches, laisser des écrits et faciliter le travail des prochaines. »

Contrairement au fonctionnement d’un hôpital, un dispensaire n’a que les normes de l’OIIQ auxquelles se tenir. « On doit faire preuve d’autonomie. Un jour, je devais procéder à un soin que je n’avais jamais fait et qu’on ne m’avait pas enseigné à l’école. J’ai dû y parvenir en visioconférence avec l’hôpital de Baie-Comeau », se rappelle la directrice.

Émilie Bacon considère que son travail était somme toute plus simple lorsqu’elle le pratiquait à Montréal. Mais elle insiste fortement sur la chance qu’elle a de ne pas travailler comme infirmière en Basse-Côte-Nord où « le personnel des dispensaires est encore plus laissé à lui-même ». 

Le Manic n’a pas réussi à s’entretenir avec le directeur de l’OIIQ, Luc Mathieu. 

10 avril : une première journée pour honorer les infirmières autochtones

À lire également

10 avril : une première journée pour honorer les infirmières autochtones

Les opérations du Bella Desgagnés perturbées par un bris mécanique

7, 5 millions $ à la Société du patrimoine mondial Anticosti

Horizon

Horizon, des contenus marketing présentés par et pour nos annonceurs.

Horizon

Vingt chroniques plus tard… je crois bien que la Côte-Nord m’a eue pour de bon.

Présenté par Tourisme Côte-Nord
Horizon

Et si votre prochaine journée spa… commençait les pieds dans la vase ?

Présenté par Tourisme Côte-Nord
Horizon

Qui aurait cru que l’on pouvait visiter une ferme… en pleine mer ?

Présenté par Tourisme Côte-Nord
Horizon

Des icebergs sur la Côte-Nord ? Oui, et c’est probablement l’un de nos plus grands secrets.

Présenté par Tourisme Côte-Nord
Horizon

Et si la plus belle façon de découvrir la Côte-Nord était d’écouter ceux qui l’habitent depuis toujours ?

Présenté par Tourisme Côte-Nord
Horizon

Qui aurait cru qu’on pouvait dormir dans un château sur la Côte-Nord ?

Présenté par Tourisme Côte-Nord