Près d’un an après avoir porté sur la place publique les délais d’accès en orthophonie sur la Côte-Nord, Érika Glazer-Gauthier affirme se heurter encore aux mêmes impasses administratives, malgré des engagements pris à Québec dans son dossier.
Lorsqu’elle a commencé à intervenir publiquement au printemps 2025, Érika Glazer-Gauthier dénonçait déjà les longs délais d’accès aux services d’orthophonie pour son fils, alors en attente depuis 2022. En juin 2025, la Baie-Comoise lançait une pétition réclamant davantage de ressources en région.
À cette époque, son fils avait dû obtenir une première évaluation en orthophonie au privé, à Québec. Mme Glazer-Gauthier affirme qu’un remboursement d’environ 400 $ pour cette consultation lui aurait été évoqué dans ses échanges avec le bureau du député de René-Lévesque, Yves Montigny, en raison des délais pour accéder aux services publics.
Or, dans un courriel daté du 19 mars 2026 transmis au Journal Le Manic, la directrice du bureau de circonscription du député, indique finalement que le remboursement d’une facture en orthophonie au privé est impossible. Elle précise également avoir cru que le suivi du dossier se poursuivait directement avec le cabinet ministériel, puisque la demande avait été remise auparavant au ministre Lionel Carmant lors d’une visite à Baie-Comeau.
Entre-temps, le dossier avait pris une dimension politique. En août 2025, Mme Glazer-Gauthier rencontrait le ministre responsable des Services sociaux de l’époque, Lionel Carmant. Elle affirme alors avoir reçu l’assurance que la situation de son fils serait prise en charge et que des échanges devaient se poursuivre avec le ministère.
Une rencontre officielle avec le ministre devait d’ailleurs avoir lieu le 4 décembre 2025, à Québec. Selon Mme Glazer-Gauthier, cette rencontre a finalement été annulée et n’a jamais été reprogrammée.
Toujours dans des échanges transmis au Manic, une conseillère politique du cabinet de la ministre de la Santé et des Services sociaux, Sonia Bélanger, écrit le 12 février 2026 qu’une rencontre avec la ministre ne sera « malheureusement pas possible » en raison d’un « horaire particulièrement chargé ». Elle propose plutôt une rencontre avec elle, un contact avec les équipes du programme Agir tôt, ou encore avec le bureau du député Yves Montigny.
Mme Glazer-Gauthier affirme avoir accepté l’idée d’un échange avec les équipes d’Agir tôt. Le 18 mars 2026, la même conseillère politique lui écrit d’ailleurs avoir demandé à ces équipes de la rencontrer et précise qu’un retour devrait suivre « très prochainement ». Le 10 avril 2026, la mère nord-côtière relance toutefois le cabinet en indiquant n’avoir « jamais eu aucun retour de l’équipe d’Agir tôt ».
Le 14 avril 2026, le cabinet ministériel lui recommande finalement de se référer à la commissaire aux plaintes et à la qualité des services du CISSS de la Côte-Nord. Pourtant, une lettre datée du 24 mars 2025 confirme qu’une plainte visant la qualité des soins et services reçus à l’hôpital Le Royer avait déjà été officiellement reçue par ce commissariat.
« Je tourne en rond », résume-t-elle en entrevue. Elle parle d’un « manque de respect » envers les familles de la Côte-Nord, estimant que les engagements pris dans son dossier n’ont pas été respectés.
Aujourd’hui, Mme Glazer-Gauthier reconnaît que la situation de son fils a évolué. Nolan a obtenu un premier bloc de services au public et bénéficie aussi d’un suivi scolaire. Elle soutient toutefois que les délais vécus ont déjà eu des impacts sur son développement langagier et surtout sur son développement social.
Elle affirme poursuivre ses démarches non seulement pour son enfant, mais aussi pour les autres familles de la région toujours en attente de services. « Ce combat-là dépasse mon enfant », conclut-elle.
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