Hydro-Québec a tenu des rencontres d’information citoyenne à Essipit et Sacré-Cœur la semaine dernière en marge de la formulation de son projet éolien dans la zone Nutinamu-Chauvin. Si le tout avance comme prévu, on devrait voir les premières éoliennes à partir de 2030.
L’année dernière, Hydro-Québec a mis en place cinq mâts de mesure de vent pour se faire une tête sur le potentiel éolien de la zone Nutinamu-Chauvin, située dans la MRC du Fjord-du-Saguenay près de Sacré-Cœur sur la ZEC Chauvin et le Nitassinan d’Essipit.
Les équipes ont dû se faire décoiffer, car la société d’État procédera à l’installation de cinq mâts supplémentaires dès les prochains mois.
« On sait qu’il vente dans ce secteur-là », résume le conseiller aux affaires régionales pour la Côte-Nord et Saguenay-Lac-Saint-Jean chez Hydro-Québec, Vincent Paquin, qui souligne au passage que la zone était connue pour son potentiel éolien.
« En installant ces mâts, ça va nous permettre d’aller capter de la donnée et raffiner celles qu’on a », ajoute-t-il.
Vincent Paquin indique que le site a « beaucoup de contraintes » de nature environnementales, mais que les partenaires sont sensibles à la présence d’activités récréotouristiques dans le secteur.
Au début du projet
Le projet en est à ses balbutiements et Hydro-Québec ne manquera pas de mains à serrer dans les années à venir.
Après les collectes de données et les séances d’information publiques, le projet ira en phase d’élaboration et ira chercher ses autorisations gouvernementales.
« Pour l’instant, on raffine nos connaissances et on informe. Ensuite, on va retomber en consultation publique, mais en bonne et due forme », précise M. Paquin.
« Il peut y avoir des groupes de travail ou des consultations plus ciblées avec des utilisateurs du territoire, par exemple », ajoute le conseiller.
Il y a bien des réponses qui ne trouvent pas écho pour le moment dans beaucoup de facettes du projet, mais Vincent Paquin avance qu’elles obtiendront éventuellement des réponses.
« Quand il y aura un projet qui sera déposé, on va pouvoir avancer et avoir plus d’informations. Par contre, on sait de façon générale comment fonctionne un parc éolien et à quoi on peut s’attendre », affirme-t-il.
500 à 1 000 MW
Bien que le projet éolien Nutinamu-Chauvin en soit à ses débuts, le conseiller ne manque pas de rappeler qu’il est néanmoins important à l’échelle de la province.
« L’éolien, c’est le kilowatt/heure le moins cher et c’est très compétitif. Ça fait une bonne adéquation avec l’hydroélectricité », explique-t-il.
Le projet éolien survient également dans un moment où la décarbonation, la transition énergétique et la lutte contre les changements climatiques sont les enjeux de l’heure à la société d’État.
« C’est dans notre horizon et ça s’inscrit dans le plan d’action 2035 d’Hydro-Québec. Un parc éolien peut se construire en cinq ou six ans. On parle d’un projet majeur avec Nutinamu-Chauvin », révèle le porte-parole.
Les éoliennes sur le site auraient une capacité de 6 à 7 MW, avec des hauteurs d’environ 200 mètres « de façon générale ». « On peut penser que pour un projet d’entre 500 à 1 000 MW, on aurait une centaine d’éoliennes au total », avance le conseiller.
Vincent Paquin tempère toutefois qu’avec la présence de milieux humides, d’espèces à statut protégé et une quête de l’acceptabilité sociale la plus acceptable, la finalité de l’estimation est loin d’être certaine.
« Il y a beaucoup de choses qui rentrent en compte pour positionner exactement les éoliennes, mais on n’est pas rendu là », souligne-t-il.
Retombées
La phase construction durerait entre 24 et 30 mois et son potentiel maximum de 1 000 MW entraînerait des investissements de l’ordre de 3 milliards de dollars.
Vincent Paquin parle de bonnes retombées économiques pour ce projet éolien. « Sur un projet de cette ampleur-là, il faut s’attendre à des retombées économiques régionales majeures pour le milieu l’accueil. C’est une grande préoccupation d’Hydro-Québec et de nos partenaires de maximiser ces retombées-là aussi », fait-il savoir.
Il laisse entendre que les retombées ne sont pas exactement ventilées pour le moment, mais qu’elles dureront dans le temps.
« Ça va amener des revenus pour les communautés partenaires qui, elles, vont pouvoir l’investir dans leur communauté », met en lumière M. Paquin.
Projet structurant
En opération pour « au moins une trentaine d’années », le projet éolien Nutinamu-Chauvin mobilisera beaucoup de corps de métiers et des travaux d’infrastructures importants.
« La grosse phase d’emploi, c’est en phase construction. Après ça, on tombe en phase d’exploitation et il y a beaucoup moins d’employés pour la maintenance comme tout est neuf », laisse tomber Vincent Paquin.
Si on pense au retour aux études, ce serait un bon moment pour y aller.
« Tous les diplômes d’études professionnelles comme électricien d’appareillage ou mécanicien, ce sont tous des domaines où il y a beaucoup d’avenir. Non seulement ailleurs à Hydro-Québec et pas juste dans le développement éolien », explique le conseiller.
Questionné à savoir si la technologie est fiable dans des environnements difficiles comme des sommets venteux de la forêt boréale, Vincent Paquin est confiant.
« La solution va être pensée en fonction du climat d’ici. Les éoliennes viennent avec des dégivreurs intégrés par exemple », illustre-t-il.
« On voit qu’il y a beaucoup de contraintes et d’informations qui vont venir orienter les choix de disposition. Ce sont de beaux défis », conclut le porte-parole.

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