Vous êtes une mère en affaires qui veut réseauter pour faire grandir son entreprise ? Ça tombe bien parce qu’un réseau régional visant à briser l’isolement dans le milieu entrepreneurial au féminin vient d’être fondé.
Il s’agit de l’antenne régionale du Réseau des mères en affaires (RMA), qui offre des opportunités de réseautage et de soutien à travers la province depuis plus de 10 ans.
C’est l’entrepreneure Christine Marcotte de la Mauricie qui a démarré cette initiative en 2014, avec l’idée de renforcer le tissu entrepreneurial féminin par l’entraide et des activités mensuelles.
Elle était d’ailleurs au lancement du Clan Les Escoumins, la branche régionale du RMA, qui se tenait au café-bar le Kiboikoi le 30 avril. « Ça dit Escoumins dans le nom, mais c’est vraiment toute la Haute-Côte-Nord », affirme la cheffe de clan Stéphanie Gagnon.
La Côte-Nord était une des deux seules régions du Québec n’ayant pas encore d’antenne pour les mères en affaires. C’est Mme Gagnon qui a « levé la main » pour démarrer l’initiative. Les débuts seront tranquilles, pour prendre le temps de voir ce que les membres vont vouloir en termes d’activités mensuelles.
Ces activités peuvent aller de dîners aux activités d’initiation, toujours rythmées par une période d’échange et de discussion. Et pour ce qui est des membres, « c’est assez large » puisqu’ils ne se limitent pas qu’aux femmes. Les hommes ainsi que les couples qui sont entrepreneurs sont bienvenus, vu la diversité du milieu entrepreneurial actuel.
« L’important, c’est la réalité d’être en affaires et réussir à conjuguer sa vie professionnelle et sa vie personnelle. Le RMA, c’est pour des gens qui veulent réseauter dans un contexte décontracté », résume la cheffe de clan.
Conciliation travail-famille
Stéphanie Gagnon explique que plusieurs enjeux se dressent comme barrières quand vient le temps de concilier les affaires à la famille. Parmi ceux-ci se trouve la gestion du temps, qui revient souvent dans les témoignages. « On le vit même avec les activités de réseautage. On a beaucoup d’ambitions, mais parfois le temps peut nous manquer », illustre-t-elle.
Elle mentionne également avoir entendu à quelques reprises l’idée d’avoir du soutien autre que celui de la famille et des amis.
« Parfois a priori on pense que c’est suffisant, mais on se rend compte qu’on est un peu toute seule même, évoque-t-elle. Parfois on a besoin d’un peu plus que ça. On peut avoir l’impression d’être en circuit fermé et de ne pas être entourée de personnes qui sont dans notre situation. »
Peu importe si on est dédié à 100 % à son entreprise ou si elle est plutôt en marge d’un travail conventionnel, ce soutien compte. « Quand on est avec d’autres mères en affaires, on se rend compte qu’on est normale », assure Mme Gagnon.
Le pouvoir de l’entraide
Les données recueillies par le RMA montrent que près de 40 % des entreprises québécoises sont dirigées par des femmes. L’initiative répond à un besoin ancré dans un réseautage plus humain et accessible.
Stéphanie Gagnon donne en exemple des questions thématiques pouvant être abordées en groupe comme des défis à surmonter en lien avec une entreprise, des trucs technos ou les valeurs des entreprises.
« À travers chacune des questions, ça nous aide à faire connaître le profil de la participante et ça nous aide aussi à faire grandir notre propre entreprise », dit Mme Gagnon. « On crée des liens et, quand on a un besoin, on sait vers qui se tourner », poursuit-elle.
Elle-même en affaires, l’Escouminoise dit avoir eu la chance de côtoyer beaucoup d’entreprises et elle veut donner la chance aux autres de se faire des contacts. « Je vois ce que le réseautage peut faire. Ça nous amène plus loin et on fait des pas de géants en collaborant avec les gens. »
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