Pont sur le Saguenay 

Un mémoire remet en doute le projet 

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Par Jérôme Gagnon 5:30 AM - 7 mai 2026
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Le projet de construction d'un pont sur le Saguenay est demandé depuis plusieurs années sur la Côte-Nord Photo Johannie GAUDREAULT

Un mémoire citoyen rédigé par Nathalie Maynard, du Comité citoyens du secteur de Tadoussac, soulève plusieurs préoccupations concernant le projet de lien fixe entre Tadoussac et Baie-Sainte-Catherine.

Dans ce document intitulé Analyse des risques critiques du projet de pont sur le Saguenay — entre urgence hydrique et aberration financière, l’auteure soutient que le projet pourrait entraîner des impacts majeurs sur l’environnement, les sources d’eau potable, les finances publiques et l’économie touristique régionale. «Ce document démontre que le projet de lien fixe (pont) sur le Saguenay […] menace directement la sécurité de l’eau potable régionale […] ainsi que l’habitat essentiel des bélugas », peut-on lire dans le résumé du mémoire.

Le mémoire affirme notamment que la construction du pont nécessiterait d’importants travaux de tunnels et de dynamitage dans le secteur du Cap de la Boule. Selon l’analyse présentée, ces travaux pourraient perturber les nappes phréatiques alimentant le lac de l’Aqueduc, principale source d’eau potable de Tadoussac. «En agissant comme un drain géant, ces tunnels risquent de détourner les veines d’eau qui alimentent le lac de l’Aqueduc », indique le document.

Sur le plan financier, Nathalie Maynard estime que le coût actuel du projet, évalué à plus de 4,2 milliards de dollars, pourrait augmenter en raison des contraintes techniques et des dépassements de coûts souvent observés dans les grands projets d’infrastructures. Le mémoire avance qu’à l’horizon 2035, les intérêts de la dette et les coûts d’entretien pourraient représenter environ 310 millions de dollars par année. « Ce montant représente cinq fois le coût annuel total de la traverse actuelle », écrit l’auteure.

Le document compare cette situation aux coûts actuels du service de traversier Tadoussac–Baie-Sainte-Catherine et soutient que les sommes prévues pour le pont pourraient plutôt être investies dans la modernisation des traversiers, la réfection de la route 138 et les services publics régionaux. Le mémoire affirme qu’ «une réfection majeure […] du tronçon entre La Malbaie et Baie-Sainte-Catherine permettrait, à elle seule, un gain de temps équivalent à celui du pont ».

Le mémoire aborde aussi les impacts potentiels sur le tourisme et l’aménagement du territoire. L’auteure craint une augmentation du trafic lourd sur la route 138, des expropriations ainsi qu’une transformation du paysage régional. « Ce ne serait plus une route de village, mais une infrastructure massive qui menacerait l’intégrité des propriétés et du milieu de vie », mentionne le document.

Le document traite également des effets possibles sur les mammifères marins, particulièrement les bélugas du Saint-Laurent. Selon le mémoire, les travaux de construction pourraient générer une pollution sonore importante dans le fjord du Saguenay. «Le traumatisme acoustique du chantier perturberait gravement cette espèce en péril », soutient Nathalie Maynard.

Jointe, Nathalie Maynard indique avoir réalisé son mémoire à partir de « recherches exhaustives basées sur des sources officielles ». Elle affirme vouloir « nourrir le débat public » et permettre aux citoyens de «mieux comprendre les enjeux réels du projet ».

Le mémoire s’appuie notamment sur des documents du ministère des Transports et de la Mobilité durable (MTMD), de la Société des traversiers du Québec (STQ), du Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM), de la Commission géologique du Canada, de Pêches et Océans Canada et de Ressources naturelles Canada.

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