La députée fédérale Marilène Gill exprime des inquiétudes envers une mesure du gouvernement canadien, qui pourrait ouvrir la porte à la privatisation de certains aéroports actuellement gérés par Transports Canada.
C’est que dans la mise à jour économique déposée le 28 avril par le gouvernement Carney, il est écrit que le fédéral veut analyser les « possibilités d’exploiter la valeur des aéroports ». Pour Mme Gill, cela signifie qu’il fait l’inventaire pour savoir combien de revenus la vente de certains aéroports pourrait engendrer.
Sur la Côte-Nord, six aéroports sont la propriété de Transports Canada, soit Chevery, Lourdes-de-Blanc-Sablon, Sept-Îles, Havre-Saint-Pierre, Natashquan et Schefferville. On peut aussi ajouter l’aéroport de Wabush, au Labrador, qui dessert Fermont.
Marilène Gill demande au gouvernement canadien de préciser ses intentions concernant l’avenir des différents aéroports. Elle indique qu’il serait surprenant que des intérêts privés puissent s’intéresser aux petits aéroports dans les régions.
« On a besoin de connaître la liste des aéroports détenus par Transport Canada qui seront exclus d’un tel projet de vente, car ils ne pourraient pas être viables dans un système privatisé ni intéresser des investisseurs », dit-elle.
Elle rappelle que plusieurs de ses aéroports ont un rôle important à jouer dans les communautés de la Côte-Nord et que le gouvernement fédéral doit continuer de s’en occuper.
« Des aéroports comme Natashquan, Blanc-Sablon, même Chevery, c’est avant tout des aéroports de services essentiels. Ils sont là notamment pour le courrier ou le transport médical. Ils servent aussi pour les opérations de la SOPFEU ou le ravitaillement », affirme la députée de Côte-Nord-Kawawachikamach-Nitassinan.
Marilène Gill a demandé une rencontre avec le ministre des Transports, Steven MacKinnon.
« Il faut absolument sensibiliser le ministre aux impacts de vendre des actifs pour faire un coup d’argent rapidement au lieu de créer de la richesse pour mieux soutenir nos communautés », dit-elle.
De son côté, le cabinet du ministre indique qu’assurer un accès continu aux régions éloignées est une priorité et que le gouvernement a investi pour renforcer les aéroports comme pôles clés du commerce, du tourisme et de la mobilité.
« Soyons clairs : il n’est prévu de fermer aucun aéroport, et aucune décision n’a été prise concernant des changements de gouvernance. Les considérations économiques ne représentent qu’un élément parmi d’autres. Les besoins et les points de vue des Canadiens vivant dans des communautés nordiques et éloignées continueront de faire partie du processus décisionnel », indique, par écrit, le bureau du ministre Steven MacKinnon.
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