Cryobanque Boréal : préserver et comprendre la flore de la Côte-Nord

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Par Nadia Dorval 5:00 AM - 3 juin 2026
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Frédéric Mercier-Leboeuf, gagnant de OseEntreprendre Côte-Nord dans la catégorie collégiale avec le projet Cryobanque Boréal. Photo Nadia Dorval

Un étudiant du Cégep de Sept-Îles veut préserver les espèces de la flore nord-côtière pour qu’elles ne disparaissent jamais, par exemple en cas de feu de forêt destructeur. 

Le projet Cryobanque Boréal est le lauréat régional du Défi OseEntreprendre 2026 dans le volet étudiant, catégorie collégiale. L’entreprise qui en est encore à ses débuts à pour objectif à long à terme de conserver les semences et de faire pousser le plus d’espèces variées possible issues du 50e parallèle.

Frédéric Mercier-Leboeuf a toujours eu envie de faire une différence pour protéger l’environnement. Avec Cryobanque Boréal, il a vu une occasion de réaliser un acte concret.

« Je voulais aider l’environnement, aider les gens. Je me dis que si je peux protéger l’environnement avec une entreprise. Ça serait concret, c’est réalisable. Ça aurait vraiment un impact réel », dit Frédéric Mercier-Leboeuf.

Dans le futur, Frédéric Mercier-Leboeuf aimerait pouvoir faire de la vente en ligne de semences et de spécimens. La vente de ses semences pourrait entre autres servir à la restauration post-sinistre. M. Mercier-Leboeuf souhaite aussi, avec Cryobanque Boréal, approvisionner les pépinières, les municipalités pour leurs paysagements urbains, ainsi que les secteurs pharmaceutiques, cosmétiques et nutraceutiques.

Une cryobanque est un endroit où est stocké, à très basse température, du matériel biologique (cellules, ADN, sperme, embryons). Le tout est généralement préservé dans de l’azote liquide à une température de – 170oC. Il existe des réserves de semences de ce type un peu partout dans le monde, parfois avec des méthodes de conservation différente.

Au Canada, on retrouve la Cryobanque nationale canadienne de la biodiversité, située au Musée canadien de la nature, à Ottawa. La plus grande banque du genre se trouve en Norvège, la Réserve mondiale de semences du Svalbard, où sont stockés plus 1,3 million d’échantillons de semences.

Quelques échantillons recueillis lors de la première phase de l’expédition « proof of concept » sur la ZEC Matimekosh pour le projet Cryobanque Boréal. Photo Nadia Dorval

L’effet hiver

Ce qui passionne le plus Frédéric Mercier-Leboeuf dans son projet, c’est le fait de documenter les espèces qui résistent aux grands froids de nos hivers nord-côtiers.

« C’est vraiment le côté résistance au froid qui me surprend pour les plantes. J’ai regardé en ligne rapidement, sur des sites, et ce n’est pas vraiment documenté. Il y a un petit peu d’informations, mais ce n’est pas poussé au point de comprendre pourquoi », dit M. Mercier-Leboeuf.

Le projet Cryobanque Boréal que M. Mercier-Leboeuf à présenté pour le Défi OseEntreprendre était un « proof of concept », c’est-à-dire, une réalisation rapide et expérimentale d’une idée, pour en valider l’intérêt et la faisabilité technique. Pour réaliser ce « proof of concept », M. Mercier-Leboeuf a effectué une expédition sur la Zec Matimek, afin d’observer et recueillir des échantillons d’espèces de la flore nord-côtière. Il a documenté l’expérience et l’a rendue accessible sur un site Web.

Les prochaines étapes consisteront à organiser d’autres sorties sur le territoire et à créer un protocole, dans le but de bien identifier les échantillons de plantes durant les collectes.

« Pour que ça soit standardisé puis archivé et répétable. Après ça, c’est la conservation, c’est vraiment de les entreposer dans des endroits frais et des climats contrôlés », dit M. Mercier-Leboeuf.

Conserver des échantillons de semences de certaines espèces peut être très utile, selon Frédéric Mercier-Leboeuf. Il donne l’exemple d’espèce qui pousseraient uniquement dans un certain endroit et que cet environnement serait détruit.

« S’il y a une espèce en danger ou en disparition qui passe au feu, les semences seraient accessibles avec des plantes vivantes déjà cultivées en serre, par exemple, pour replanter et reconstruire l’habitat après des catastrophes », explique l’étudiant en administration et gestion. « Avoir des semences et des spécimens vivants et accessibles est l’objectif principal ».

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