Pédaler pour la réconciliation entre autochtones et allochtones
À droite, Françoise Savard, étudiante à l'UQAC, et, à gauche, Marie-Anne Dumais-Simard, étudiante à l'UQAT. Photo Nomades d'asphalte
Les « Nomades d’asphalte » réalisent une expédition à vélo qui relie sept centres d’amitié autochtones du Québec. Le 5 juin, elles étaient à celui de Manicouagan, à Baie-Comeau. Leur but : un projet de recherche terrain.
Françoise Savard de Wendake et Marie-Anne Dumais-Simard de Mashteuiatsh ont entrepris leur voyage le 11 mai, au centre d’amitié autochtone de Joliette.
C’est là qu’elles ont entamé leur contribution au projet intitulé « Répertoire de pistes d’actions et de réflexions collectives pour re/tisser des relations entre Autochtones et non-Autochtones dans les villes du Québec : un partenariat pour autochtoniser la recherche et les espaces urbains ».
Pour ce faire, elles récoltent récits, témoignages, discussions et partages. Sur la Côte-Nord, elles visiteront aussi le centre d’amitié autochtone de Sept-Îles.
C’est après avoir constaté que beaucoup d’outils de sensibilisation concernant la réconciliation avec les peuples autochtones étaient numériques que l’idée d’un projet de recherche sur le terrain, ancré dans les territoires, est née.
« Notre approche est lente, on prend le temps avec des gens, c’est ça qui m’interpelle, la richesse des partages », déclare Marie-Anne Dumais-Simard.
« Le soir dans notre tente, avant de se coucher, on tient un journal de bord et on écrit sur les témoignages et les partages qu’on a reçus dans la journée, puis nos ressentis face à eux », explique-t-elle.
Elles insistent sur la primordialité de la sensibilisation avant tout autre prise d’action concernant la réconciliation. « La réconciliation, c’est comme un gros échiquier. Même si tu veux avancer ton pion rencontre (entre les nations et entre autochtones et allochtones), tu dois avancer ton pion sensibilisation avant tout », image Françoise Savard.
Son acolyte ajoute que ce n’est pas tout le monde qui est prêt à la discussion et à la rencontre, d’où l’importance de conscientiser tous les partis avant tout.
Si les deux cyclistes sont passionnées, l’atteinte de leur objectif n’est pas sans défi.
« Le plus difficile, selon moi, c’est la gestion de l’énergie. On a pédalé toute la journée, mais on doit travailler sur notre rapport de recherche avant de dormir. On doit aussi être en tout temps disposée à la rencontre. Même si on adore ça, des fois on est épuisées, autant mentalement que physiquement », mentionne Françoise Savard.
Les voyageuses terminent en expliquant que le vélo, c’est un peu l’accroche qu’elles ont choisie pour susciter les rencontres. « La population est curieuse et ça démarre une discussion très rapidement », déclare Marie-Anne Dumais-Simard.

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