Le CISSS de la Côte-Nord a terminé l’exercice financier 2025-2026 en équilibre budgétaire, une première en 11 ans. Malgré cette performance saluée par la direction, l’organisation s’attend à une année 2026-2027 plus exigeante sur le plan financier, dans un contexte de resserrement budgétaire à l’échelle du Québec.
À Forestville le 10 juin pour la séance publique du conseil d’administration d’établissement, le président-directeur général du CISSS de la Côte-Nord, Jean-François Miron, a dressé un portrait financier encourageant de la dernière année.
« Nous avons terminé l’année en équilibre budgétaire avec même un petit surplus », a-t-il dévoilé.
Selon lui, il s’agit d’une situation inédite depuis la création de l’établissement régional il y a plus d’une décennie.
« C’est vraiment une première dans les 11 dernières années qu’on vit en ce moment », a-t-il souligné devant les membres du conseil.
Le dirigeant attribue notamment ce résultat à la diminution importante du recours à la main-d’œuvre indépendante, un dossier prioritaire pour l’organisation depuis plusieurs mois.
Le CISSS affirme avoir réduit de 55 % son utilisation de personnel d’agences depuis le début de sa démarche de réduction. Parallèlement, l’établissement a poursuivi ses efforts de recrutement et de rétention de personnel permanent.
« Une des clés importantes autour de ça, ça a été la réduction de la main-d’œuvre indépendante, l’embauche de gens sur la Côte-Nord et les équipes volantes », a expliqué M. Miron.
Des mesures de transformation organisationnelle ont également contribué à améliorer la situation financière. Le PDG cite notamment l’internalisation de certains services auparavant confiés à des sous-traitants ainsi que la mutualisation de certaines ressources.
« Je ne parle pas de couper des postes. On parle plutôt de faire les choses autrement et de trouver des économies », a-t-il précisé.
Des prévisions plus serrées pour 2026-2027
Si le bilan 2025-2026 est positif, le CISSS demeure prudent quant à l’exercice en cours.
L’organisation a reçu son budget pour 2026-2027 il y a moins d’un mois et poursuit actuellement son analyse détaillée.
« Je ne fais pas de prédiction parce qu’on est le 10 juin et qu’on commence l’année. Par contre, je sens que ça va être un peu plus difficile cette année », a reconnu M. Miron.
Questionné par les médias après la séance, il a ajouté que les paramètres financiers accordés par Santé Québec lui paraissent « serrés », sans toutefois être en mesure de dresser un portrait définitif.
Les chiffres précis du budget régional ne sont d’ailleurs pas encore publics. Depuis l’intégration des établissements au sein de Santé Québec, la divulgation officielle des résultats financiers consolidés relève désormais de la société d’État.
« Le bilan financier appartient à Santé Québec. C’est leur responsabilité de partager ces informations-là », a précisé le PDG.
Miser sur la transformation
Malgré les défis annoncés, M. Miron demeure optimiste pour l’année à venir.
Il affirme que plusieurs projets de transformation et de mobilisation sont déjà en cours afin d’améliorer l’efficacité organisationnelle et de maintenir les services à la population.
« On est bien lancés, bien structurés, puis on a énormément de projets de transformation qui vont nous permettre de hausser notre niveau de jeu », a-t-il indiqué.
Le dirigeant rappelle toutefois que le contexte demeure difficile partout dans le réseau québécois de la santé.
L’exercice 2026-2027 permettra donc de vérifier si les gains réalisés au cours de la dernière année pourront être maintenus, alors que le CISSS poursuit simultanément sa réduction de la main-d’œuvre indépendante et ses efforts de recrutement dans plusieurs secteurs en pénurie.
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