J’adore les films, mais je dois l’avouer, je fréquente rarement les salles de cinéma. Force est de constater que je ne suis pas la seule. L’Institut de la statistique du Québec a dévoilé une baisse de 15 % des entrées en salle de cinéma au Québec entre 2024 et 2025.
Mais comment expliquer ce phénomène ? Les statistiques révèlent qu’en 2025, les cinémas au Québec ont enregistré 11,5 millions d’entrées. La baisse est encore plus flagrante lorsqu’on voit qu’elle s’élève à 39 % par rapport à 2019, l’année juste avant la pandémie.
Au Ciné-Centre de Baie-Comeau, la fréquentation a diminué de 8 % entre 2024 et 2025.
Mais pourquoi les Québécois, et moi-même délaissons les salles de cinéma ?
Certaines personnes dans mon entourage m’ont parlé du prix, d’autres m’ont avoué ne pas être souvent intéressés par les films présentés.
Difficile aussi d’ignorer la concurrence féroce de nos salons. Aujourd’hui, il ne faut que quelques clics pour accéder à des milliers de films et de séries. Le plus compliqué, ce n’est pas de trouver quelque chose à regarder, mais de réussir à choisir parmi tout ce qui est disponible.
Malgré tout, plusieurs m’ont affirmé aller plus d’une fois par année au cinéma, car il s’agit d’une belle sortie.
Malheureusement, les dernières expériences que j’ai eues au cinéma, peu importe l’endroit, étaient de moins en moins agréables. Des gens qui parlent, qui passent souvent devant toi lorsqu’ils se lèvent, des écrans de cellulaire ouverts et autres bruits…
À certains moments, on a presque l’impression d’avoir payé pour assister à une discussion de groupe plutôt qu’à une projection de film.
Remontons un peu dans le temps. Je ne peux pas parler pour l’expérience cinéma dans les salles de Baie-Comeau ou de Sept-Îles. J’ai grandi à Montréal et j’ai connu une époque où les salles étaient quasiment toujours pleines. Du moins, à la sortie d’un film, il fallait même arriver très tôt pour faire la file.
Je me souviens, du haut de mes 10 ans, voir l’engouement lors de la sortie du premier film d’Harry Potter. Oui oui, c’était en 2001, rappelons-le, cela remonte déjà à 25 ans !
Je me souviens d’une salle bondée, des gens assis jusque dans les escaliers, des boîtes de popcorn à l’effigie du film… Le cinéma était une sortie familiale de choix pour voir de bons films.
Personne ne consultait son téléphone toutes les cinq minutes. Pendant deux heures, toute l’attention était dirigée vers l’écran. Aujourd’hui, ce simple exploit semble parfois relever de la magie. Il faut dire aussi qu’en 2001, les plateformes de diffusion en continu (streaming) n’existaient pas. On ne pouvait pas non plus le trouver sur Internet, même lorsqu’il était toujours en salle.
Quand le film n’était plus à l’affiche, on attendait sa sortie en DVD, ou en VHS. (Pour les plus jeunes, le VHS, c’est la grosse cassette noire, l’ancêtre du DVD !)
On pouvait louer les films au Club vidéo. Il y avait des tonnes de copies (pis ça, ça énerve), mais ce n’est rien comme l’accès à tout le contenu d’aujourd’hui.
Aujourd’hui, comme une très grande partie de Québécois, je consomme à profusion les contenus sur les plateformes. Films, séries, documentaires, spectacles de musique et même d’humour : du choix, en veux-tu ?
À la maison, on peut mettre le film sur pause quand on veut, le regarder en toute tranquillité et manger les cochonneries de notre choix sans se ruiner. Je l’avoue, j’adore le confort de mon salon.
Et avouons-le, personne ne nous juge lorsque nous revenons avec un deuxième bol de popcorn ou de Doritos, habillé en mou !
Toutefois, c’est une façon de consommer qui amène une expérience solitaire. J’ai mentionné plus tôt les désagréments qu’on peut parfois vivre au cinéma. Tous ces éléments additionnés n’aident pas à rehausser l’expérience cinéma et nous fait oublier ce qu’elle peut offrir. Car, soyons honnête, même avec une excellente qualité sonore et visuelle à la maison, on ne vit pas un film de la même façon.
Le cinéma nous transporte réellement dans l’expérience complète de la conception de l’œuvre. Le son, l’image, l’ambiance, c’est comme ça que l’expérience a été pensée par les créateurs cinématographiques.
Il est aussi important de souligner les revenus qui vont aux artisans du 7e art en achetant un billet de cinéma.
Un article de La Presse, paru en 2019, décortique le prix d’un billet de cinéma. Selon les informations relayées par le média, 47,6 % du billet vont aux salles de cinéma et 52,4 % vont au film. Cela se rend aux studios qui produisent les longs-métrages pour découler ensuite à tous ceux impliqués dans sa création.
Au fond, je comprends parfaitement pourquoi tant de gens, moi comprise, choisissent aujourd’hui le confort de la maison. C’est pratique, abordable et adapté à notre rythme de vie. Pourtant, malgré tous les avantages du streaming, il y a quelque chose que les plateformes ne réussiront jamais à reproduire complètement : cette émotion collective ressentie lorsqu’une salle entière retient son souffle, éclate de rire ou sursaute au même moment.
Est-ce que le cinéma est disparu de nos habitudes ou est-il devenu une sortie plus occasionnelle ? Peut-être avons-nous besoin de nous rappeler que certaines histoires méritent encore d’être vécues sur grand écran ?
Horizon
Horizon, des contenus marketing présentés par et pour nos annonceurs.