Un projet de recherche dans la baie St-Pancrace
Des étudiants au doctorat en océanographie de l'Université Laval à Québec étaient à Baie-Comeau à bord de leur voilier le 10 juin pour un projet de recherche sur les planctons. Photo Karianne Nepton-Philippe
Un projet de recherche a mené des étudiants de l’Université Laval à Québec jusqu’à Baie-Comeau pour prélever des échantillons de planctons. Ils ont passé cinq jours à bord de leur voilier Capitaine Bong dans la baie St-Pancrace.
C’est à bord d’un voilier de plaisance transformé en navire scientifique que 12 étudiants ont démarré leur mission océanographique dans l’estuaire du fleuve Saint-Laurent.
« On n’est pas 12 à partir en mer, on a chacun des rôles répartis. En mer, il y a 7 personnes à bord durant les deux semaines », fait savoir Laure Vilgrain, qui a complété son doctorat en océanographie à l’Université Laval à Québec.
« Toute l’équipe est soit docteur ou jeune chercheur en océanographie », précise ensuite le doctorant en océanographie, Andéol Bourgouin.
Certains travaillent à distance également pour aider à la rédaction de protocoles ou pour faire de la médiation scientifique.
Estuaire du Saint-Laurent
L’équipe a donc monté un projet de recherche sur les copépodes, un groupe de petits crustacés.
« Certaines espèces ont une couleur rouge. Ils ont des pigments rouges. On se pose la question suivante à laquelle on a plusieurs hypothèses : pourquoi certains sont-ils plus rouges que d’autres ? », partage la doctorante Lucie Bourreau, toujours à l’Université Laval.
Les copépodes qui ont cette pigmentation rouge vivent dans l’eau salée. C’est pourquoi les étudiants ont voulu s’approcher de l’estuaire du Saint-Laurent. La baie Saint-Pancrace était donc l’endroit tout désigné pour le voilier.
Parmi les théories, les étudiants soulèvent les rayons UV et le stress lumineux.
À bord de leur voilier, ils sont bien équipés : un filet à phytoplancton, un filet à zooplancton, une bouteille Niskin, une caméra à lumière, une sonde CTD mesurant notamment la salinité et la profondeur ainsi qu’un microscope.
« On a aussi différents instruments qui vont nous permettre de les prendre en photo à différentes échelles […] et on peut mesurer à quel point on les voit rouges », ajoute Lucie Bourreau.

Science en voilier
La « Mission Isseo » est une initiative pour une Science soutenable des écosystèmes océaniques.
« L’idée était de faire de la science sur voilier. Pour faire cela, on avait besoin d’un peu d’argent pour venir ici et ravitailler un bateau. On a trouvé des subventions et des partenaires, grâce au projet qu’on a monté », explique Mme Bourreau.
Andéol Bourgouin souhaitait aussi voir ce qu’il était possible de réaliser comme études avec un voilier.
« L’océanographie est souvent liée à l’Arctique. Beaucoup d’entre nous sont allés faire des expéditions vers le pôle Nord, ce qui se fait sur de grands navires, de grands brise-glaces », dit-il.
« Ce sont d’excellents navires sur lesquels on peut faire des sciences très précises. Ça a toutefois un coût. Ce sont des navires qui consomment beaucoup d’énergie et on voulait faire quelque chose de plus petit », enchaîne-t-il, se réjouissant que l’équipage ait été gâté par la météo durant leur séjour.
Capitaine Bong est reparti du quai de Baie-Comeau le 11 juin, après une journée sur place.
À Baie-Comeau, il y a eu un ravitaillement et un changement d’équipage. Ceux qui sont repartis à bord du voilier continuaient l’échantillonnage pendant quatre à cinq jours.

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