Santé Québec Côte-Nord : trois ententes avec des communautés autochtones

Par Johannie Gaudreault 10:20 AM - 17 juin 2026
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Marilou Sirois, conseillère-cadre à la sécurisation culturelle au CISSS de la Côte-Nord, lors de la séance du 10 juin. Photo Johannie Gaudreault

Le CISSS de la Côte-Nord franchit une nouvelle étape dans sa démarche de sécurisation culturelle. Trois ententes de collaboration ont déjà été conclues avec des communautés autochtones du territoire et quatre autres communautés sont visées au cours de la prochaine année afin d’améliorer l’accès aux soins et de renforcer la confiance envers le réseau de la santé.

Réuni à Forestville le 10 juin, le conseil d’administration d’établissement du CISSS de la Côte-Nord a pris connaissance de l’avancement d’un vaste chantier mené en collaboration avec les Premières Nations du territoire.

Présentée par la conseillère-cadre à la sécurisation culturelle, Marilou Sirois, et la directrice des services multidisciplinaires de santé et services sociaux, qualité, évaluation, performance et éthique, Geneviève Deschênes, la démarche découle de la planification stratégique 2025-2028 de Santé Québec.

Elle vise à renforcer l’accès et la continuité de services sécurisants pour les communautés des Premières Nations et Inuit.

Trois premières ententes conclues

Au cours de l’année 2025-2026, le CISSS a atteint son objectif en concluant des ententes de collaboration avec les communautés d’Essipit, d’Uashat mak Mani-utenam et d’Unamen Shipu.

Ces ententes visent à structurer les relations entre le CISSS et les centres de santé des communautés autochtones afin d’améliorer la continuité des services, la sécurisation culturelle et la concertation entre les partenaires.

« On voulait passer d’une collaboration informelle à une démarche concertée et structurée », a résumé Marilou Sirois lors de sa présentation.

Les travaux se poursuivront en 2026-2027 avec de nouvelles ententes visant les communautés de Pessamit, d’Ekuanitshit et de Matimekush-Lac-John. La Nation naskapie de Kawawachikamach fait également partie des démarches prévues.

Mme Sirois a expliqué que Kawawachikamach possède un statut particulier en raison de sa convention avec les gouvernements du Québec et du Canada. Bien que les discussions relèvent normalement de Santé Québec, le CISSS a proposé de participer à la démarche afin de collaborer directement avec la communauté naskapie.

« On voulait travailler avec eux de la même façon qu’avec les autres communautés et leur population », a-t-elle indiqué.

Deux autres ententes demeurent à conclure d’ici 2027-2028.

Neuf communautés, neuf réalités

Le CISSS souligne que chaque communauté possède ses propres réalités, ses priorités et ses besoins.

« C’est neuf communautés autochtones, c’est neuf gouvernements, c’est neuf réalités », a rappelé Marilou Sirois.

C’est pourquoi chacune des communautés a été consultée individuellement après avoir été approchée à l’automne 2025 par la direction générale et l’équipe de liaison autochtone. Les discussions ont permis d’identifier les projets déjà en cours, les bons coups, les défis opérationnels et les besoins propres à chaque milieu.

Les partenaires ont ensuite élaboré conjointement des plans d’action locaux couvrant la période 2026-2030.

Cinq grands chantiers

Les consultations ont fait ressortir cinq priorités communes : la prévention et la promotion de la santé, la collaboration clinique, le partage de l’information, le transport des usagers et la sécurisation culturelle.

Concrètement, les partenaires souhaitent améliorer la coordination des soins, faciliter les déplacements vers les services spécialisés, assurer un meilleur transfert d’information entre les établissements et adapter davantage les soins aux réalités culturelles des communautés.

Le CISSS entend également poursuivre la sensibilisation de son personnel aux réalités autochtones et favoriser la création d’environnements plus accueillants pour les usagers.

Retisser la confiance

Au-delà des mécanismes administratifs, la démarche vise surtout à améliorer l’expérience vécue par les usagers autochtones.

Parmi les retombées attendues figurent une meilleure continuité des trajectoires de soins, un accès simplifié aux services, une offre de soins davantage adaptée aux réalités culturelles ainsi qu’un renforcement de la relation de confiance avec les communautés.

« On veut faire une différence au quotidien pour les gens et améliorer leur confiance envers nos installations », a affirmé Mme Sirois.

Le CISSS souhaite ultimement faire de la Côte-Nord un pôle reconnu d’excellence en matière de sécurisation culturelle en misant sur des partenariats durables avec les communautés autochtones du territoire.

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