Le CISSS de la Côte-Nord se prépare à intégrer l’intelligence artificielle dans certains milieux cliniques afin d’alléger les tâches administratives des professionnels de la santé. L’objectif : leur permettre de consacrer davantage de temps aux patients.
Après avoir implanté des outils d’intelligence artificielle dans certains secteurs administratifs, le CISSS de la Côte-Nord souhaite désormais franchir une nouvelle étape en introduisant cette technologie dans les milieux cliniques.
Le président-directeur général, Jean-François Miron, a confirmé cette orientation à l’issue de la séance du conseil d’administration d’établissement tenue le 10 juin à Forestville.
« Au niveau clinique, c’est la première fois », a-t-il indiqué.
Le projet repose sur un logiciel capable d’enregistrer les échanges entre un professionnel et un usager, avec le consentement de ce dernier. L’outil analyse ensuite la conversation et génère automatiquement une note clinique structurée.
Réduire le temps consacré à la paperasse
Pour illustrer le fonctionnement du système, Jean-François Miron prend l’exemple d’une rencontre entre un psychologue et son patient.
« Le professionnel va demander si c’est correct que l’intelligence artificielle enregistre. Non seulement ça va enregistrer la conversation avec l’autorisation de l’usager, mais toute la prise de notes qu’un psychologue ferait sera intégrée automatiquement », explique-t-il.
Le document produit devra toutefois être vérifié, analysé et approuvé par le professionnel avant d’être versé au dossier.
Selon le PDG, la littérature scientifique indique que ce type d’outil pourrait permettre aux intervenants de récupérer entre 7 % et 15 % de leur temps de travail.
« À défaut de pouvoir recruter tout ce que je veux, je vais au moins rendre la tâche plus facile à tout le monde », affirme-t-il.
Dans un contexte où plusieurs secteurs du réseau de la santé peinent à recruter du personnel, cette économie de temps pourrait représenter un gain important.
« Si je rajoute 7 à 15 % de main-d’œuvre, c’est plus que toute la main-d’œuvre indépendante ici en ce moment. Mathématiquement, il y a quelque chose d’intéressant », soutient M. Miron.
Un projet déjà testé ailleurs
Le CISSS de la Côte-Nord ne sera pas le premier établissement québécois à expérimenter cette technologie. Selon Jean-François Miron, des projets pilotes similaires sont déjà en cours dans deux autres régions.
L’organisation est actuellement engagée dans un processus d’appel d’offres visant l’acquisition de deux logiciels distincts. Un premier est déjà en cours d’implantation, tandis qu’un second devrait faire l’objet d’un appel d’offres dans les prochaines semaines.
Le dirigeant assure que la protection des renseignements personnels demeure au cœur des préoccupations.
« Les seuls fournisseurs qui pourront soumissionner sont ceux qui ont déjà reçu les autorisations nécessaires de Santé Québec et des instances responsables de la gouvernance des données », précise-t-il.
Le projet pourrait éventuellement être utilisé par plusieurs catégories de professionnels, notamment les médecins, les infirmières, les psychologues et d’autres intervenants appelés à rédiger régulièrement des notes cliniques.
Pour le CISSS, l’intelligence artificielle apparaît ainsi comme une solution complémentaire aux efforts de recrutement et de rétention du personnel.
Sans remplacer les professionnels, elle pourrait leur permettre de consacrer davantage de temps aux soins et aux échanges avec les usagers, tout en réduisant la charge administrative associée à la documentation clinique.
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