Ce qui a commencé comme un projet de valorisation forestière sur le terrain familial est devenu, en quelques années, une entreprise florissante. Débordé par la charge de travail, l’entrepreneur Alec Taillon, propriétaire de l’entreprise forestière Scieur Taillon des Bois à Ragueneau, est en cours d’acquisition d’un moulin à bois hydraulique.
Fondée en pleine pandémie en 2020, l’entreprise Scieur Taillon des Bois est née d’un constat simple : les forêts de la propriété familiale à Ragueneau, durement touchées par la tordeuse des bourgeons de l’épinette, nécessitaient d’importants travaux de nettoyage.
« Ce n’était pas de l’exploitation forestière comme telle, je faisais davantage du jardinage forestier. Ça a toujours été mon objectif de travailler avec la forêt plutôt que contre elle », explique le bûcheron.
Armé de petits équipements au lieu d’une machinerie lourde, il a développé une approche axée sur la préservation des milieux naturels. Pour rentabiliser ses activités, il a commencé à transformer lui-même le bois récolté.
Le bois scié par Alec Taillon se retrouve un peu partout sur la Côte-Nord, mais aussi au Saguenay, à Québec et même en Mauricie.
« Le bouche-à-oreille va très loin dans la région. J’ai des clients qui reviennent année après année », note-t-il en ajoutant que de nouveaux clients arrivent régulièrement.
D’après l’entrepreneur, l’intérêt grandissant pour les produits locaux participe à cet engouement. « Les gens aiment encourager l’économie locale. Le bois d’ici est écœurant, il est tissé serré parce qu’il pousse tranquillement. »

Bûcheron sept jours sur sept
Cette passion du bois a son revers : Alec Taillon travaille pratiquement sans relâche depuis plusieurs années.
« Les deux dernières années ont été assez éprouvantes en termes de charge de travail, je commence à atteindre ma limite. Je veux que ce qui me passionne reste une passion », se confie-t-il.
Même si des amis ou de la famille viennent occasionnellement l’aider, l’entrepreneur travaille principalement seul depuis le départ de son employé. Même s’il n’exclut pas l’embauche d’une personne, son principal objectif reste son efficacité. « Ça n’a jamais été mon but de gérer une grosse équipe, et puis former un employé ça prend du temps. »

Un projet de 145 000 $
Si Alec Taillon prévoit d’être trop débordé pour former un nouvel employé, c’est parce qu’il est en cours d’acquisition d’un moulin hydraulique fabriqué en Ontario. Le projet représente un investissement d’environ 145 000 $, incluant divers équipements complémentaires et la construction d’un abri permettant d’allonger la saison de production.
Ce nouveau moulin devrait augmenter sa capacité de production. « Même quand je serai encore en apprentissage de cette machine, elle va être plus productive que mon moulin actuel », confie-t-il.
Le projet bénéficie notamment d’un soutien financier de 66 673 $ de la part de la MRC de Manicouagan, ainsi que d’un accompagnement d’ID Manicouagan, un organisme qu’Alec Taillon tient à remercier.
« Ils m’ont aidé à monter mon plan d’affaires et à trouver le financement nécessaire. Sans leur aide, je n’aurais pas été capable de réaliser un projet comme celui-là », affirme le bûcheron.

Mettre en valeur le bois nord-côtier
Au-delà de l’aspect entrepreneurial, Alec Taillon est un véritable passionné du bois et de son potentiel.
Qu’il s’agisse de bois de charpente, de merisier destiné à l’ébénisterie ou encore de sculpture sur bois, il cherche à valoriser les ressources forestières locales.
« Ce que j’aime le plus, c’est quand des clients m’envoient des photos de leurs réalisations. Voir ce que le bois devient après avoir quitté ma cour, c’est ma récompense », exprime l’artisan.
Avec l’arrivée prochaine de son nouveau moulin, Alec Taillon espère répondre plus efficacement à la demande grandissante tout en s’accordant quelques moments de répit. « Si tout va bien, j’aimerais réussir à me donner au moins une journée de congé par semaine », espère-t-il.
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