Entente de réconciliation : une compensation financière de 75 M$ pour ITUM par Hydro-Québec
Le chef du Conseil Innu Takuaikan Uashat mak Mani-utenam Jonathan Shetush, et la présidente-directrice générale d’Hydro-Québec Claudine Bouchard. Photo Manuel Paradis
ITUM et Hydro-Québec ont conclu une entente historique relativement aux désaccords dans les dossiers du complexe de la Romaine et au sujet de la ligne Arnaud-Alouette. Les deux partis souhaitent maintenant que la signature de l’entente marque le début d’une nouvelle relation fondée sur le respect, le dialogue et la collaboration.
Plutôt en juin, le conseil de la communauté innue de Uashat mak Mani-utenam (ITUM) avait annoncé cette entente de réconciliation, qu’elle qualifie comme une étape historique. On apprend maintenant que l’entente comprend une compensation financière de 75 millions de dollars versée sur une période de deux ans, ainsi que la création d’un comité permanent de réconciliation.
Ces détails ont été annoncés au Centre culturel Tshissenitamun Mitshuap le dimanche 5 juillet par, le chef du Conseil Innu Takuaikan Uashat mak Mani-utenam Jonathan Shetush, la présidente-directrice générale d’Hydro-Québec, Claudine Bouchard, le ministre responsable des Relations avec les Premières Nations et les Inuit Ian Lafrenière, le ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie Bernard Drainville, et la ministre des Ressources naturelles et des Forêts Kateri Champagne-Jourdain.
Mme Bouchard a offert des excuses officielles de la part d’Hydro-Québec aux Innus de Uashat mak Mani-utenam pour les conséquences des désaccords dans le dossier de la Romaine et de la ligne Arnaud-Alouette.
Au terme d’une négociation qui aura duré 15 ans, le Chef Shetush a souligné l’importance de l’entente pour les habitants de Uashat mak Mani-utenam, en mentionnant que le Nitassinan subvient toujours aux besoins des communautés, bien que dans une forme différente aujourd’hui. Il a rappelé la victoire en 2025 de la communauté devant les tribunaux face à Hydro-Québec, qui a été reconnue coupable de « mauvaise fois institutionnelle » par la cour supérieure. Déjà à l’époque, l’ancien chef Mike Mckenzie affirmait que cette reconnaissance tracerait la voie vers une relation plus positive entre les deux organisations.
« Aujourd’hui, nous tournons une page importante de notre histoire », explique Jonathan Shetush. « Cette entente reconnaît les blessures de notre communauté et ouvre la voie à une relation renouvelée, fondée sur le respect, la reconnaissance et un dialogue véritable. Elle représente une avancée significative pour les Innus de Uashat mak Mani-utenam et les générations qui suivront. »
Tandis que la ministre Champagne-Jourdain a admis lors de son allocution que les décisions du gouvernement du Québec ont laissé des traces dans sa communauté, le ministre Drainville a insisté sur l’intention de son gouvernement de construire l’avenir énergétique du Québec avec les Premières Nations en partenariats, dans le respect de leurs droits.
Des opposants à l’entente se font entendre
Durant l’annonce, deux membres de la communauté de Uashat mak Mani-utenam ont tenu à se faire entendre, exprimant leurs désaccords et reprochant aux élus le manque de transparence dans les négociations. Selon la ministre des Ressources naturelles et des Forêts, Kateri Champagne-Jourdain, questionnés à ce propos, les opposants auraient plutôt souhaité que les membres de la communauté puissent s’exprimer sur les détails de l’entente par référendum. « Ce qu’il faut comprendre, c’est que l’entente règle des dossiers passés. On ne parle pas de nouveaux développements ou de nouveaux projets », explique la ministre. « Bien sûr, on veut s’assurer à travers cette entente-là de pouvoir développer et de rétablir la confiance entre Hydro-Québec et les Innus, en travaillant sur la réconciliation. »
Un comité de réconciliation
Selon les déclarations d’Hydro-Québec, d’ITUM et du gouvernement du Québec, la nouvelle entente établit un cadre de collaboration. Le comité de réconciliation constituera un espace de dialogue continu pour discuter des enjeux d’intérêt commun et d’explorer les opportunités de collaboration et de partenariat dans les projets futurs. Les membres du comité souhaiteront aborder toutes activités de développement susceptibles d’avoir un impact sur le territoire traditionnel d’ITUM.
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