Né de l’amitié entre des musiciens autochtones et allochtones, Passeken est un brillant produit de la culture musicale innue. En marge de son passage au Vieux-Quai en fête, le Nord-Côtier s’est entretenu avec Dan-Georges McKenzie, un des membres fondateurs du groupe.
« Ce que j’aime de mon métier d’artiste, c’est de pouvoir chanter dans ma langue », explique Dan-Georges McKenzie. « Chanter et parler en innu, c’est un moyen de garder la langue vivante », poursuit-il.
L’auteur-compositeur-interprète qui mène également une carrière solo est très fier de voir son groupe être convié au festival septilien. Il croit que sa prestation de 2024, avant Flo Rida à Innu Nikamu, a été l’étincelle qu’il fallait au groupe pour être convoité par les organisateurs du Vieux-Quai en fête.
« On ne fait pas juste chanter ! » s’exclame Dan-Georges McKenzie, en décrivant le type de spectacle qu’offre Passeken au public. Les chanteurs du groupe prennent plaisir à raconter des histoires et n’hésitent pas à faire participer la foule. « Nous avons une synergie, une facilité à faire embarquer [le public] dans notre univers musical », explique-t-il.
Au moment de la formation du groupe à la fin des années 2010, Dan-Georges Mckenzie était loin d’être un artiste établi. Ça ne l’a pas empêché de rapidement tomber dans l’œil de l’artiste Matiu, alors déjà connu du public.
Depuis, leurs collaborations se sont multipliées, soulevant la passion de la foule autant dans la communauté de Uashat mak Mani-utenam qu’à des évènements au cœur de Sept-Îles comme le Tournoi de volleyball Orange Alouette. Les membres allochtones du groupe ont fait partie du projet depuis sa naissance. Selon Dan-Georges McKenzie, aucune adaptation n’a été nécessaire pour eux puisque « la musique est universelle ».
Le nom du groupe
Les fondateurs de Passeken tenaient à choisir un nom en innu-aimun, même s’ils étaient surtout inspirés par le style des groupes de rock américains comme Guns N’ Roses. Ils souhaitaient également se démarquer des autres ensembles musicaux de la communauté. C’est pourquoi le mot Passeken leur est apparu, signifiant fusil en innu. « C’est vraiment pour la phonétique du mot que nous avons choisi ce nom », explique Dan-Georges McKenzie, qui y voit un certain rythme dans la prononciation.
Une approche différente
Lors de sa création, Passeken ne jouait pratiquement que des covers, c’est-à-dire des réinterprétations de chansons connues en leur donnant une touche unique. Dan-Georges McKenzie soutient que, même s’il ne s’agissait pas de pièces originales, le public pouvait quand même « goûter musicalement à la culture innue » grâce à cette réinterprétation.
Les spectacles de Passeken mettent maintenant de l’avant le fruit du travail de création de Matiu et Dan-Georges McKenzie, même si leur style et leur méthode diffèrent. Matiu écrit beaucoup en français, tandis que son homologue ne produit que des morceaux en innu.
Dan-Georges McKenzie soutient que leur travail sert des intérêts différents. « [Matiu] écrit en français pour que le maximum de gens comprenne », précise-t-il. Quant à lui, Dan-Georges McKenzie s’extasie devant les possibilités qu’offre sa langue : « L’innu c’est très imagé. Un simple mot peut vouloir dire une phrase au complet. »
Le groupe sera au Vieux-Quai en fête pour son spectacle le 16 juillet à 18 h 45.
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