Les dernières notes du Festif ! de Baie-Saint-Paul ont résonné au quai, courtoisie de Marie Céleste. Sous un soleil de plomb, heureusement atténué par la légère brise du fleuve, la foule a applaudi haut et fort à la fois les artistes sur scène et l’équipe derrière leur festival chouchou qui se concluait de si belle façon. Au moins 26 000 billets ont trouvé preneur durant cette 17e édition. « Mais il y avait beaucoup plus de monde que ça », admet en souriant le directeur général et artistique Clément Turgeon.
Au total, ce sont 53 000 personnes, 500 bénévoles et 120 artistes qui ont foulé les rues de Baie-Saint-Paul durant le festival.
Depuis plusieurs années, la gestion de l’achalandage est un défi qui préoccupe l’équipe. Il semble que l’édition 2026 ait permis d’améliorer la formule.
« On essaie qu’il n’y ait pas trop de monde, mais il y en a en cr… On a vraiment travaillé pour mieux placer les shows surprise à des moments où il faut que le monde se “dilue”, disons. Ça a quand même aidé. Il y avait plus de monde, ça s’est ressenti peut-être une petite affaire, mais le fait de mieux répartir l’offre a aidé à ce que ce ne soit pas trop lourd », estime-t-il.

Les spectacles gratuits sont un facteur attractif important, admet Clément Turgeon qui y tient toutefois mordicus.
« J’aime la spontanéité. Quand je vais dans des festivals et que tout est à billet, ça a un impact sur le fait de découvrir de nouveaux artistes ! Moi j’aime ça, me promener, entendre quelque chose, me laisser guider par le moment ! J’aime que les gens entendent un show, qu’ils décident d’y aller, qu’ils découvrent ! ”
Parlant de propositions nouvelles, les festivaliers ont été bien servis avec des artistes venus l’Australie, du Royaume-Uni, de la Turquie, du Somaliland…tous ces spectacles étaient accessibles gratuitement.

« C’est sûr que si on mettait les shows du volet découverte internationale payants, il y aurait pas autant de monde ! On veut que ce soit le fun, que les bands trippent ! La formule marche ! On se rattrape sur la vente d’alcool », rigole Clément Turgeon.
Le Parvis est aussi une importante vache à lait pour l’événement. Il s’agit d’ailleurs peut-être du dernier Festif ! avec un parvis dans l’actuelle configuration puisque la Ville de Baie-Saint-Paul a des projets pour le site.
« On est consultés là-dedans. Je pense que, vraiment, selon les plans que je connais à date, ça va juste bonifier l’expérience. Ça risque de plus nous aider qu’autre chose », se réjouit-il.
Celui qui choisit les spectacles selon ses propres coups de coeur sans trop savoir comment le public réagira a été agréablement surpris.

« Le spectacle de Fulu Miziki, par exemple, les gens en ont beaucoup parlé. Même chose avec Babe Rainbow et Ami Dang, qui jouait de la sitar au sous-sol du musée… Get the Shot, c’était de la musique très intense et ça été malade ! Le public est vraiment ouvert, curieux, c’est cool ! »

La musique québécoise a tenu le haut du pavé !
« On a vraiment senti l’amour des gens pour la musique québécoise. Malaimé Soleil, tout le monde chantait, ils ont rempli le chapiteau même si c’est un band qui est encore de la relève. Je finis l’édition en étant en amour avec la musique québécoise ! », lance Clément Turgeon.
La programmation de la Scène Desjardins était d’ailleurs entièrement francophone et québécoise avec les Marjo, Lysandre, Loud, Fouki, JF Pauzé, Vincent Vallières…
« Parce qu’on est rendu avec beaucoup d’internationaux ailleurs, on ne se met plus la pression d’avoir un gros band absolument à Desjardins un soir… Cette année, j’ai lancé plein de perches et ça n’a pas fonctionné. Ça ne veut pas dire que la Scène Desjardins vire “québécois” absolument. »
Charlevoix à l’affiche
Les Metalord, Ravenspell, Slim Tony, Forêt Marine DJ Riri, DJ Snoro, DJ Pancho et plusieurs autres artistes originaires d’ici ont eu leur moment de gloire au Festif!

“Les DJs locaux, ça a vraiment marcher! Les artistes, comme Ravenspell par exemple, ils trippent parce qu’ils ont pas souvent l’occasion de jouer avec des équipements de cette qualité-là. Ils nous le disent, qu’ils trouvent que ça sonne vraiment bien! Nous, on leur donne le même niveau d’accueil que tous les autres bands! “

Post-party annoncé
Les prochains jours seront ceux du démontage, des bilans, des coups de blues aussi. « Je suis moins dans le démontage, je fais des courriels aux partenaires, on fait des bilans… et après, je pars en vacances ! »
Les vacances seront bienvenues aussi pour Anne-Marie Dufour, cofondatrice du Festif ! Sa responsabilité principale durant les 5 jours de l’événement ? « Entre autres que les 115 bands partent de quelque part et arrivent à Baie-Saint-Paul », résume la directrice à la production des spectacles et au développement durable en souriant.

harmonica, deux kits de pédales… Ce n’est pas une chanson, c’est un moment. Rien n’est préenregistré. Et quand ça part, c’est vraiment malade! On plane, on pleure… Ça été mon reset!» Ludovic Gauthier
« Ça vient avec des demandes, des questions d’hébergement, de guest list… J’accueille tous les pros, les médias au QG médias, c’est là que j’attrape les bands. Mais à partir de 16 h, je vais voir des shows, et je ne suis plus arrêtable ! », rigole-t-elle.
Tous les groupes qui le souhaitent auront droit à un « debrief » de sa part.
« On fait des retours à tous ceux qui en veulent un, à leurs agents… Et ils veulent savoir comment ç’a été, si le show en mode festival, ça fonctionne, par exemple… », explique Anne-Marie Dufour.
Elle devra elle aussi, évidemment, se coller aux divers bilans… mais pour le moment, place à une dernière soirée festive, réservée à l’équipe celle-là.
Et si on leur disait merci ?

Le 18e Festif! se tiendra du 21 au 25 juillet 2027.
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