L’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) de la Côte-Nord estime qu’il est temps de s’attaquer aux causes du manque de personnel dans le réseau de la santé.
En marge de sa campagne Un réseau fort : et si on osait pour vrai ?, le syndicat soutient que des mesures concrètes sont nécessaires afin d’améliorer l’attraction et la rétention des travailleurs dans les régions éloignées.
Selon l’APTS, les pénuries de personnel continuent de fragiliser l’accès aux soins et aux services sur la Côte-Nord, où plusieurs obstacles compliquent l’installation des professionnels.
« On a trop souvent appris à faire avec peu, à attendre notre tour, à nous débrouiller. Pourtant, la Côte-Nord n’a pas à se résigner à voir ses services s’effriter faute de personnel. Nos communautés méritent des soins accessibles, tout comme celles des grands centres. Ça va faire, la résilience. L’heure de l’ambition est venue », affirme Kevin Newbury, représentant national de l’APTS sur la Côte-Nord.
Des défis propres à la région
Le syndicat fait valoir que plusieurs facteurs nuisent au recrutement et à la rétention des employés, notamment le manque de logements, la rareté des places en services de garde, les coûts supplémentaires liés à la vie en région ainsi que l’absence d’un réseau de transport collectif efficace.
L’APTS souligne qu’avec un taux d’inoccupation des logements de seulement 1,1 %, se loger demeure un défi important sur la Côte-Nord. Elle indique également que les professionnels parcourent en moyenne 462,5 kilomètres dans le cadre de leur travail, faute de solutions de transport adaptées.
Selon l’organisation, cette réalité contribue à maintenir des postes vacants et à accroître le recours à la main-d’œuvre indépendante, qui représente 22,6 % des dépenses en santé et services sociaux dans la région, soit plus de trois fois la moyenne québécoise.
« Lorsqu’on n’arrive pas à recruter, ce sont les équipes déjà en place qui écopent. Elles voient leur charge de travail s’alourdir à cause des postes vacants et peinent à répondre à une demande qui, elle, ne cesse d’augmenter. Au bout du compte, c’est toute la population qui attend plus longtemps pour obtenir les soins et les services auxquels elle a droit », ajoute Kevin Newbury.
Trois pistes de solution
Afin d’améliorer durablement l’accès aux soins dans les régions éloignées, l’APTS propose la construction de logements temporaires réservés au personnel de la santé et des services sociaux, le développement de centres de la petite enfance intégrés aux établissements de santé ainsi que la bonification des primes d’éloignement et d’isolement, en plus d’en élargir l’admissibilité.
Pour le syndicat, ces investissements permettraient de réduire la dépendance à la main-d’œuvre indépendante tout en favorisant l’établissement durable de nouveaux employés dans la région.
« Les solutions sont connues et leur coût est modeste. Ce qui nous coûte vraiment, c’est de laisser des postes vacants, de dépendre toujours davantage de la main-d’œuvre indépendante et de priver des communautés entières de soins et de services de proximité. Il est temps de donner à la Côte-Nord les moyens d’attirer, d’accueillir et de retenir son personnel », conclut Kevin Newbury.
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