CHRONIQUE | À vous qui m’avez confié votre histoire…

Par Johannie Gaudreault 12:00 PM - 11 août 2026
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Au fil des années, j'ai réalisé de nombreuses entrevues. Me voici en action avec la ministre du Tourisme, Amélie Dionne, lors du Congrès des plus belles baies du monde à Tadoussac. Photo Sylvain Desmeules

Pendant des années, j’ai eu le privilège d’entrer dans votre vie. Je suis entrée dans vos entreprises, vos écoles, vos usines, vos salles communautaires, vos arénas, vos festivals et parfois même dans votre salon. Vous m’avez accueillie avec un café, un sourire, une poignée de main… et surtout, avec votre confiance.

Vous m’avez raconté vos projets, vos réussites, vos inquiétudes, vos deuils, vos rêves et vos plus grandes fiertés. Ensemble, nous avons célébré des anniversaires, inauguré des entreprises, souligné des exploits sportifs, annoncé des investissements, couvert des élections, traversé une pandémie, raconté des histoires inspirantes et parfois des moments beaucoup plus difficiles.

Être journaliste, c’est bien plus que poser des questions.

C’est écouter. Observer. Comprendre. C’est tenter de trouver les mots justes pour raconter une histoire qui n’est pas la nôtre, mais qui mérite d’être entendue.

Aujourd’hui, pour une rare fois, c’est de la mienne dont je veux vous parler.

Le 17 août, je tournerai une importante page de ma vie professionnelle. Après plus de six années au sein des journaux Le Manic et Le Haute-Côte-Nord, dont les trois dernières à titre de directrice de l’information, je quitterai la salle de rédaction pour entreprendre une nouvelle aventure : l’enseignement du français au secondaire à Forestville.

Je ne vous cacherai pas que cette décision a été difficile.

Le journalisme n’a jamais été simplement un emploi pour moi. C’était une passion. Une vocation. Celle d’aller à votre rencontre, de découvrir ce qui anime notre région et de mettre en lumière des personnes qui, souvent, ne demandent rien d’autre que de partager ce qui leur tient à cœur.

Si j’ai aimé ce métier autant que je l’ai aimé, c’est grâce à vous.

Merci d’avoir accepté de répondre à mes nombreuses questions, parfois avec seulement quelques minutes de préavis. Merci d’avoir partagé vos émotions avec autant de générosité. Merci de m’avoir fait confiance pour raconter votre histoire avec rigueur, sensibilité et respect.

Je pense aussi à tous ces moments du quotidien qui ne se retrouvent jamais dans les pages d’un journal.

Les gens qui m’arrêtent à l’épicerie pour me proposer un sujet. Ceux qui me reconnaissent au restaurant ou lors d’un événement et qui prennent le temps de me dire : « J’ai aimé ton article. » Vous ne le savez probablement pas, mais ces quelques mots avaient souvent le pouvoir de transformer une journée entière.

On entend parfois que le métier de journaliste est difficile. C’est vrai. Mais il est aussi profondément humain. Et c’est cette humanité que je retiendrai avant tout.

Je ne pourrais pas quitter sans remercier les collègues extraordinaires avec qui j’ai eu la chance de travailler au cours des six dernières années. Chacun, à votre façon, vous avez contribué à mon parcours. Vous m’avez appris, soutenue, fait rire et parfois même rassurée lorsque les journées semblaient un peu trop courtes.

Je quitte aujourd’hui avec le sentiment du devoir accompli, mais surtout avec une immense reconnaissance.

J’emporte avec moi des centaines de rencontres, des milliers de kilomètres parcourus sur les routes de la Côte-Nord, des souvenirs qui resteront gravés et la certitude d’avoir exercé le plus beau métier du monde.

Je pars pour transmettre une autre passion : celle de la langue française. J’aurai désormais le privilège d’accompagner des adolescents dans leur parcours scolaire, avec le même désir de faire une différence que celui qui m’a guidée en journalisme.

On dit souvent qu’un journaliste raconte l’histoire des autres.

La vérité, c’est que, pendant toutes ces années, vous avez aussi écrit un chapitre important de la mienne. 

Je vous laisse entre de bonnes mains. Restez à l’affût pour connaître l’identité de ceux qui prendront la relève et faites-leur confiance à leur tour. Parce que le journalisme de proximité n’a jamais été aussi important. 

Au plaisir de vous croiser, ici, chez nous.

En 2025, Le Haute-Côte-Nord a remporté le premier prix de la catégorie Mise en valeur du contenu et qualité de la langue aux Grands Prix des Hebdos du Québec. Une récompense que j’ai accueillie avec fierté. Photo Émélie Bernier

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