Au jour 1 de la campagne électorale, la commissaire à l’éthique et à la déontologie, Ariane Mignolet, fait un croc-en-jambe au Parti québécois (PQ) en annonçant l’ouverture d’une enquête sur Vincent Marissal.
M. Marissal, un ancien député de Québec solidaire (QS) devenu indépendant, a annoncé lundi qu’il se présentait pour le PQ dans Taschereau.
Or, 48 heures plus tard, le chef du PQ, Paul St-Pierre Plamondon, a été forcé d’écarter sa candidature en raison de possibles manquements éthiques. Il devra vraisemblablement répondre aux questions lors du point de presse pour lancer sa campagne, jeudi.
«La commissaire cherchera à déterminer si (M. Marissal) a commis un manquement (…) en prêtant son appartement de fonction, (…) pour lequel il bénéficie d’une allocation (…) de l’Assemblée nationale, en échange d’hébergements à l’étranger ou de points pouvant être utilisés ultérieurement pour séjourner à l’étranger», a expliqué le bureau de Mme Mignolet dans un communiqué publié jeudi matin.
À Québec, le ministre sortant des Transports, Benoit Charette, s’est permis une pointe à M. Marissal.
«C’est ironique, parce qu’il était prompt à faire la leçon à peu près à tout le monde sur des questions d’éthique. C’est élémentaire, ce qu’il a fait comme erreur, dans le sens où ça ne se fait tout simplement pas», a-t-il déclaré.
Sur Facebook, M. Marissal a offert à la commissaire son entière collaboration, refusant toutefois de s’exprimer sur le fond des allégations qui le visent.
Faux départ pour le PQ
Il n’empêche qu’il s’agit d’un départ difficile pour le PQ. Dès lundi, le choix de la candidature de M. Marissal, un Montréalais, dans Taschereau, à Québec, avait provoqué la grogne des militants péquistes, selon La Presse.
Cela s’ajoutait au malaise provoqué par la nomination d’un ex-journaliste de CHOI Radio X, François Gariépy, dans Charlevoix-Côte-de-Beaupré.
Depuis l’annonce de la candidature de M. Gariépy, plusieurs de ses propos disgracieux ont refait surface, défrayant presque quotidiennement la manchette.
Jeudi matin, La Presse rapportait d’ailleurs que M. Gariépy avait utilisé le mot «squaw» dans un balado pour parler des femmes autochtones, ce qu’il a dit «regretter» aujourd’hui.
L’utilisation du mot «squaw» est «incompatible» avec la «relation de confiance» que souhaite bâtir le PQ avec les Premières Nations, a aussitôt réagi le chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec-Labrador (APNQL), Francis Verreault-Paul.
«Dans notre rôle de leaders, nous avons la responsabilité d’incarner, par nos gestes comme par nos paroles, les valeurs et le respect auxquels nos organisations adhèrent. À ce titre, en tant que leader politique et aspirant premier ministre du Québec, M. Paul St-Pierre Plamondon a cette responsabilité», a affirmé M. Verreault-Paul dans une déclaration écrite transmise à La Presse Canadienne, jeudi.
«Bien que les propos en question remontent à 2022, ils demeurent préoccupants et incompatibles avec la relation de confiance que le PQ affirme vouloir établir avec les Premières Nations. Dans ce contexte, l’APNQL estime légitime de demander à M. St-Pierre Plamondon, ainsi qu’à M. Gariépy, de clarifier sa position face à ces propos irrespectueux et déplacés envers les femmes des Premières Nations», a-t-il ajouté.
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