À l’approche des prochaines élections provinciales, les organismes culturels de la Côte-Nord commencent à faire connaître leurs attentes envers le prochain gouvernement du Québec. Financement, accès à la culture et conditions de travail des artistes figurent parmi les principales préoccupations soulevées par les acteurs du milieu.
Un financement adapté aux régions
La directrice de Culture Côte-Nord, Marie-France Brunelle, estime que les programmes actuels ne tiennent pas suffisamment compte de la réalité des régions éloignées des grands centres.
« La Côte-Nord, c’est la plus grande région et la plus faiblement peuplée, donc pour tous les programmes qui sont en cours, on est toujours perdant », affirme-t-elle.
Selon elle, le financement calculé en fonction du nombre d’habitants désavantage les régions comme la Côte-Nord, où les organismes doivent couvrir de grandes distances avec des ressources limitées.

« Je dirais en priorité de faire en sorte que l’équité territoriale soit vraiment mise en place », soutient Mme Brunelle. Elle souhaite notamment que les programmes ne reposent pas uniquement sur une logique de financement par habitant et que des enveloppes soient réservées aux priorités régionales.
Culture Côte-Nord souhaite également voir davantage d’ententes sectorielles de développement culturel et un financement qui suit l’augmentation des coûts. La bonification des enveloppes du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ) et de la SODEC fait aussi partie de ses demandes.
Maintenir l’accès à la culture chez les jeunes
L’accès à la culture chez les jeunes constitue une autre priorité pour les organismes interrogés. Pour Marie-France Brunelle, il faut notamment continuer de soutenir les sorties scolaires, les activités culturelles dans les cégeps et le loisir culturel.
Elle rappelle que des initiatives comme Cégeps en spectacle et Secondaire en spectacle permettent aux jeunes de développer un intérêt pour les arts et parfois même d’envisager une carrière dans le milieu.
« Il ne faudrait pas perdre ces avenues-là qui permettent aux jeunes de se projeter dans l’avenir », dit-elle.
Un constat partagé par Émilie Lavoie, directrice de la salle Jean-Marc-Dion, qui souhaite notamment que les récentes ententes dans le milieu culturel soient maintenues.
Elle craint notamment que des incertitudes entourent les sorties scolaires et demande que le financement des activités des organismes culturels soit « maintenu puis bonifié à la hauteur des besoins que le monde culturel a actuellement ».
Pour Mme Lavoie, le soutien doit aussi permettre de mieux faire connaître certains métiers moins visibles du milieu culturel, notamment ceux liés à la technique de scène.
« Ce sont des professions qui méritent d’être découvertes surtout, puis d’être encouragées dans des filières scolaires », souligne-t-elle.
« Que le financement suive le coût de la vie »
Derrière l’accès aux œuvres et aux activités culturelles se trouve aussi la question des conditions de travail des artistes.
Julie Godin, directrice de Panache Art actuel, estime que les organismes doivent pouvoir compter sur un financement suffisant pour rémunérer adéquatement les artistes et les travailleurs culturels.

« Que le financement suive le coût de la vie, c’est la base », affirme-t-elle.
Elle souhaite également que les progrès réalisés dans les dernières années en matière de reconnaissance du travail artistique soient maintenus.
« C’est qu’on ne retourne pas en arrière, principalement. Que l’on continue d’aller de l’avant, que l’on continue de considérer le travail des artistes comme un métier à part entière », souligne-t-elle.
Pour Émilie Lavoie, cette reconnaissance doit également s’étendre aux équipes qui permettent aux spectacles et aux événements de voir le jour.
Elle cite notamment le personnel administratif et les travailleurs techniques, dont le rôle demeure essentiel au fonctionnement des organismes de diffusion.
La culture comme moteur régional
Pour les organismes culturels, ces demandes dépassent la seule question du financement. Le soutien à la culture joue également un rôle dans le sentiment d’appartenance et l’identité des communautés nord-côtières.
« La culture est vraiment ce qui nous définit comme peuple », rappelle Marie-France Brunelle.
Selon elle, il est donc essentiel que les investissements culturels ne soient pas concentrés uniquement dans les grands centres.
« Pour que la culture continue de nous définir, il faut qu’elle soit soutenue, et ce, partout en région pour que l’ensemble de la population puisse se reconnaître dans cette culture-là et créer un sentiment d’appartenance », ajoute-t-elle.
Émilie Lavoie abonde dans le même sens et estime que les organismes doivent avoir les moyens de travailler ensemble pour continuer à faire vivre la culture sur le territoire.
Horizon
Horizon, des contenus marketing présentés par et pour nos annonceurs.