Il y a 20 ans: le « pire déluge du siècle » s’abattait sur la Côte-Nord

Par 12:00 AM - 20 juillet 2016
Temps de lecture :

En juillet 1996, une crevasse a bloqué la circulation pendant deux jours sur la route 138 au niveau de Papinachois.

Route effondrée, maisons inondées, glissements de terrain… et cinq morts. Voilà ce qu’a connu la Côte-Nord entre le 19 et le 21 juillet 1996, alors que le « pire déluge du siècle au Canada » s’est abattu sur l’est du Québec.

L’épisode le plus violent des pluies diluviennes qui se sont abattues sur le Québec durant la mi-juillet 1996 est connu sous le nom du déluge du Saguenay. En plus de dévaster plusieurs communautés dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, la catastrophe a causé de nombreux dommages dans Charlevoix et sur la Côte-Nord.

Dans la région, la 138 a été sectionnée en de nombreux endroits. Dans son édition du 28 juillet 1996, le journal Le Port-Cartois a livré le récit édifiant de la nuit de terreur de Richard Roy, un survivant de Port-Cartier. Alors qu’il revenait de Gaspésie, sa voiture est tombée par surprise dans une faille de près de 75 pieds de large par 30 pied de profondeur, sur la route 138, près de la Rivière Trinité. Il était 4 h du matin. Sa fillette qui l’accompagnait avait de l’eau jusqu’au menton, raconte-t-il.

Les deux survivants ont réussi à s’extirper de leur véhicule et à se percher sur un arbre. C’est là que Michel Tremblay, un homme venu prêter secours, les a trouvés. D’après le récit de Richard Roy, Michel Tremblay lui a sauvé la vie. Il l’a convaincu de descendre de l’arbre tandis que le vent soufflait à écorner les bœufs.

Vu que la route était affaissée des deux côtés, les secours ne pouvaient pas se rendre jusqu’au lieu de l’accident. Un hélicoptère a finalement recueilli les rescapés, au bout de 5 h d’attente.

Quatre personnes sont mortes dans leur véhicules en tombant dans cette même faille. Une cinquième a péri noyée, après être sortie de sa voiture qui était prise dans un glissement de terrain au niveau de Pointe-aux-Anglais.

La Côte-Nord isolée

La péninsule n'a pas été épargnée lors du déluge de juillet 1996.
La péninsule n’a pas été épargnée lors du déluge de juillet 1996.

En raison d’une crevasse sur la 138 au niveau de Papinachois, la Côte-Nord s’est retrouvée isolée du reste du Québec jusqu’au 23 juillet. « La route 138 avait des allures de Beyrouth pendant la guerre », écrivait à l’époque le journaliste Steeve Paradis.

Entre Baie-Comeau et Sept-Îles, la liaison n’a pas été rétablie avant le vendredi 26 juillet. Des bateaux ont été exceptionnellement affrétés pour transporter personnes, denrées, matières premières et marchandises.

Certaines personnes se sont toutefois retrouvées coincées. Sans compter que des chemins forestiers ont eux aussi été inondés. À titre d’exemple, un centre d’hébergement de la Croix rouge à la polyvalente des Rivières de Forestville a vu passer plus de 500 personnes.  Le journal le Port-Cartois faisait également état de quelque 150 touristes hébergés à Port-Cartier.

Dommages

Le coût des dommages causés par le déluge du Saguenay dans tout le Québec a été évalué à 1 milliard de dollars.

En Haute-Côte-Nord, près de 270 personnes ont été évacuées. Dans la Manicouagan, quelques maisons ont été endommagées, voire même condamnées.

Le tourisme en a pris un coup. L’Association touristique régionale Duplessis s’est même plainte à l’époque d’une dramatisation des orages dans les médias.

Partager cet article