Centenaire et heureuse de l’être

Par Karianne Nepton-Philippe

Les Bergeronnes – Madame Mathilde Gagnon a soufflé sa centième bougie le samedi 13 mai dernier. La dame native des Bergeronnes, a franchi le cap des 100 ans heureuse, épanouie et en paix avec la vie qu’elle a eue. Regard sur le passé, le présent et l’avenir de cette centenaire qui a grandi à Bon-Désir.

C’est avec lucidité que Mme Gagnon raconte ses souvenirs. Elle en a plusieurs, comme tous ces moments passés au cap de Bon-Désir, l’aiguille qu’elle a eue dans la jambe vers l’âge de dix ans ou lorsqu’elle a transféré de couvent à Rivière-du-Loup. Celle-ci se souvient aussi, entre autres, de son voyage à Montréal pour aller voir la dernière partie des Expos, mais aussi ses soirées explosives de cartes et de jeux de société en famille. « Des joueurs de cartes comme nous, je ne sais pas si ça se trouve », s’exclame-t-elle. Cependant, elle se rappelle surtout le moment où Julien Lapointe a été adopté par sa sœur Laura, qui ne pouvait pas avoir d’enfants. Cependant, la mère de Julien est décédée et ce dernier a pratiquement été élevé par Mathilde. « Mais quel beau cadeau du ciel », s’exclame Mathilde à plusieurs reprises parlant de son amour Julien. Après être allée chez les sœurs, dame Mathilde est revenue dans son village natal et a gardé beaucoup d’enfants. « J’ai toujours aimé les enfants, j’allais là où il y avait des enfants », mentionne-t-elle. Il était donc inévitable que lorsque son frère Louis a perdu sa femme, celle-ci lui apporte son aide avec ses enfants.

La famille Brisson

« Ah, les Brisson, c’est comme mes enfants, c’était des amours! », déclare Mathilde Gagnon avec le sourire au visage lorsqu’on lui demande de parler de ces moments au cours desquels elle a veillé sur les enfants de la famille de Clémence Gauthier et Édouard Brisson. La centenaire verse même quelques larmes pensant aux souvenirs passés avec ces enfants. Elle se rappelle un moment où ils cherchaient Marc et qu’après avoir cherché, il était seulement endormi sur la galerie à l’arrière de la maison! « On l’a souvent cherché Marc », s’exclame Julien qui avait l’habitude de jouer avec les enfants Brisson. Mais, lorsque vient le temps de répondre à la question à savoir lequel était le plus malcommode, dame Mathilde hésite, n’ose pas répondre, mais se met à rire quand on nomme Luc!

Foyer Mgr Gendron

Mathilde Gagnon réside au CHSLD des Bergeronnes (foyer Mgr Gendron) depuis maintenant sept ans. Elle s’y est retrouvée après être accidentellement tombée d’un étage dans les escaliers. À ce moment-là, âgée de 93 ans, elle habitait chez Julien et a pu appuyer sur son alarme de vie au poignet lorsque c’est arrivé. « J’étais heureuse chez-vous », dit-elle à Julien. « J’espère bien », répond-il en riant!

Cap-de-Bon-Désir

« À Bon-Désir, on voyait passer les bateaux », mentionne-t-elle, évoquant avec mélancolie, le lieu qui l’a vue grandir. Elle a parlé à plusieurs reprises à quel point aimait regarder le fleuve et les bateaux qui passaient tout au long de la journée, elle qui était très attachée à cet endroit.

Plus de 100 ans ?

Mathilde Gagnon résume sa vie en une phrase : « J’ai vécu et j’ai fait toutes sortes de choses. J’ai fait une belle vie ». Mentionnons que la sœur de Mathilde Gagnon, Rose, est décédée à l’âge de 104 ans. Et lorsqu’on demande à Mathilde si elle se rendra à 104 ans, comme sa sœur, elle répond ceci : « Oh, ça ne me tente pas! ».

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