Le début d’un temps nouveau

Photo de Shirley Kennedy
Par Shirley Kennedy
Le début d’un temps nouveau
L'artiste René Claude, décédée dernièrement. Courtoisie

Certes, il y aura un avant et un après COVID-19. Les autorités l’ont répété à maintes reprises. Ce ne sera plus jamais pareil. Pour une journaliste, cette crise planétaire, bien que dramatique et inquiétante, est une surdose d’adrénaline indicible, inouïe. « Le top du top », comme dit ma tante Sylvie.

Aux premières loges, devant un écran géant sur lequel défilent des scènes surréalistes, j’ai manqué d’air avant de me ressaisir, m’agrippant à mon clavier comme un perdue.

Lunettes 3D sur le bout du nez, la journaliste de région que je suis n’en croyais pas ses yeux et ses oreilles.

Shootée aux breaking news, points de presse et séances zoom, emportée dans une spirale qui n’en finissait plus, je me suis retrouvée dans un monde parallèle.

Échevelée comme une lionne en cage, le t-shirt déformé et le legging douteux, effluves de Javex no 5 dans mon sillage, j’ai installé mes quartiers en télétravail, au grand dam de mon Jules, privé de ses programmes favoris.

Au diable Vie de chantier, Péril en haute mer, Ruée vers l’or et Comment c’est fait. On déjeune, on dîne et on soupe à la COVID-19.

Assistant à ce défilé d’annonces, mises en garde et cette pluie de milliards qui tombe de Québec, d’Ottawa et probablement du ciel, moi et mon Jules ne pouvons nous empêcher d’appréhender le jour où les contribuables que nous sommes allons passer à la caisse.

« On s’en sauvera pas », dit-il. Pour une fois, on ne s’obstine pas. J’opine, sachant qu’il vaut mieux pour moi détourner la conversation, en professionnelle de la chose que je suis.

L’esprit critique bien affûté, j’ai constaté pendant cette crise, que pour une fois, les régions ont été favorisées. Que les personnes âgées et les travailleurs de la santé des grands centres y ont goûté. Ce sont elles, en ordre, les grandes victimes et héroïnes de la COVID-19.

J’ai aussi perçu que mieux valait en faire plus, par extrême prudence est c’est bien ainsi.

Mais malheureusement, dans ce combat mur-à-mur contre le virus, il y a eu énormément d’abus.

Certains ont profité de cette crise, dans la foulée des mesures extraordinaires qui ont été mises de l’avant au niveau des services jugés essentiels. Je l’ai vu, mais je ne l’ai pas dit, je ne l’ai pas écrit. Je me suis tue, mes doigts fuyant le clavier comme la peste.

Depuis le 12 mars, notre regard sur le monde a changé. Nos priorités ne sont plus les mêmes, pour la plupart d’entre nous.

C’est Le début d’un temps nouveau. Comme l’a si bien chanté la grande Renée Claude, qui ironiquement, a été libérée de la maladie d’Alzheimer par la COVID-19 le 12 mai.

En furetant sa musicographie, j’ai appris que c’est pour elle que Plamondon a écrit Hymne à la beauté du monde.

Ne tuons pas la beauté du monde
La dernière chance de la terre
C’est maintenant qu’elle se joue
Ne tuons pas la beauté du monde
Faisons de la terre un grand jardin
Pour ceux qui viendront après nous

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