CLSC de Forestville: le Dr Boussaïd remet les pendules à l’heure

Par Shirley Kennedy 3:00 PM - 03 mai 2021
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Une réduction de services est à prévoir au CLSC de Forestville le 20 août. Photo : Archives

À titre de suivi concernant le texte publié en ligne sur le site web du Journal Haute-Côte-Nord le 27 avril intitulé Des médecins dormeurs au CLSC de Forestville, les réactions ont fusé de toutes parts et surtout ont choqué tantôt la majorité du personnel de l’établissement qui s’est sentie lésée par cet article, tandis qu’une partie de la population s’est indignée du traitement reçu par les patients cités.

Bien qu’il soit impossible ni pour le service des communications du Centre intégré de santé et de services sociaux de la Côte-Nord ni pour le cogestionnaire de l’urgence du CLSC, Dr Arab Boussaïd, de dévoiler les détails des consultations des deux patients cités dans l’article pour des raisons évidentes de confidentialité, ce dernier a cru bon de faire une mise au point publique, pour arrêter l’hémorragie.

« Tout d’abord il n’y a pas de médecins qui dorment au CLSC. Lorsqu’ils font des gardes de 24 h, ils ont le droit de se reposer mais ils sont tenus, jusqu’à 23 h, de voir les patients qui se présentent à l’urgence », précise-t-il.

Dr Boussaïd estime que la majorité de la population connaît le fonctionnement de l’urgence de Forestville et surtout la situation précaire dans laquelle elle se trouve depuis quelques années.

« Oui il y a des médecins de garde pour les urgences mais passé 23 h, nous demandons à la population d’attendre au lendemain s’ils croient que c’est possible ».

Situation précaire

Selon le professionnel de la santé, le service d’urgence du CLSC est assuré à 60 % par des médecins dépanneurs tandis que les besoins en infirmières requièrent de faire appel à une agence pour combler 40% des quarts de travail.

Le médecin affirme que l’article publié la semaine dernière « a jeté de l’huile sur une maison déjà en feu ». Il craint que cette « mauvaise presse », signe ni plus ni moins le glas du service d’urgence au CLSC, n’étant pas très valorisant pour ses collègues d’y venir travailler « pour se faire traiter de médecins dormeurs », déplore-t-il.

Dr Boussaïd affirme avoir fait le choix de venir à Forestville où les besoins sont criants.

« C’est une vocation pour moi bien que je sache que certains le font par nécessité. Ma collègue (Dre Danielle Godin) et moi, nous maintenons à bout de bras l’urgence depuis plusieurs mois. Dernièrement, j’ai fait huit gardes à l’urgence en trois semaines et après ce sont les suivis, les consultations, etc…»

Le cogestionnaire de l’urgence du CLSC convient qu’une mise en contexte aurait pu être apportée par le service des communications du CISSS de la Côte-Nord, lorsqu’interpellé par le Journal avant publication de l’article, afin de lui donner l’opportunité de partager ses réactions et de remettre en contexte la situation dénoncée, tout en informant la population, en toute transparence, « que l’urgence du CLSC de Forestville ne tient qu’à un fil ».

Rappelons que la semaine dernière, deux situations vécues à l’urgence ont été rapportées au Journal, dénonçant le comportement de deux médecins de garde pour des consultations survenues à 2 h du matin et une autre à 22 h.

Tel que mentionné par le Dr Boussaïd, bien que les médecins ne soient pas « infaillibles », une mise en contexte aurait dû être faite par l’organisation et tel que convient le Journal, le titre Des médecins dormeurs au CLSC de Forestville était inapproprié.

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