Quand la persévérance scolaire prend tout son sens

Par Charlotte Paquet 12:00 AM - 17 février 2016
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Karine Dubé.

Baie-Comeau – Pour certains, la persévérance scolaire est une notion comme une autre, rien de plus. Mais pour d’autres, c’est une notion qui prend tout son sens. Parlez-en à Karine Dubé et à Francis D’Astous, de Baie-Comeau.

L’un comme l’autre sont de retour sur les bancs de l’école après les avoir quittés voilà de nombreuses années. L’un comme l’autre poursuivent le même objectif : obtenir une formation pour décrocher un emploi et améliorer leur sort.

Karine Dubé a 36 ans et est maman de trois enfants (son conjoint en a deux). Elle a travaillé dans le secteur du service à la clientèle pendant des années. L’automne dernier, elle s’est trouvée au chômage dans la foulée de la faillite des boutiques L’Ensemblier au Québec. Après avoir pris un temps pour encaisser le coup, elle s’est virée de bord pour entreprendre une formation dans un domaine qui lui avait toujours fait de l’œil : le secrétariat.

« Ça faisait longtemps que j’envisageais un retour aux études, mais avec des enfants et pas d’argent (pendant sa formation), c’était difficile », explique Karine Dubé. Depuis janvier, grâce à un programme d’Emploi-Québec qui lui permet de continuer de recevoir de l’assurance-emploi, la trentenaire étudie au Centre de formation professionnelle et générale de Manicouagan. Elle en a pour un an et demi. Si tout va bien, elle se spécialisera ensuite dans le domaine du secrétariat médical ou encore en comptabilité.

« Le cours, j’adore ça. Là, je travaille vraiment pour quelque chose qui va me permettre d’avoir un métier. C’est valorisant », affirme l’étudiante, qui a accumulé diverses expériences professionnelles au fil des ans.

Côté études, Karine Dubé ne l’a as eu facile. Elle est une ex- décrocheuse. Dans le milieu de son adolescence, après avoir fait son deuxième secondaire une deuxième fois, elle a tout abandonné. « Je n’étais pas capable de suivre en raison de mon déficit d’attention », mentionne-t-elle. Dans sa jeune vingtaine, elle est retournée à l’école pour obtenir son diplôme de cinquième secondaire. Elle travaillait le jour et étudiait le soir.

Finis les camions

La persévérance scolaire, Francis D’Astous, 45 ans, connaît ça aussi. Son parcours est différent de celui de Karine Dubé, mais l’aboutissement de ses efforts d’aujourd’hui mènera au même résultat : un métier. Dans son cas, il s’agit de la mécanique automobile.
Le Baie-Comois n’avait pas encore 20 ans quand il est devenu chauffeur de camion. Pendant plus de deux décennies, ce métier lui a permis de gagner sa vie. Un accident de travail est venu tout bouleverser.

Francis D’Astous a été opéré pour une hernie cervicale. « Si on ne m’avait pas opéré, j’aurais paralysé », mentionne-t-il. Il a été en arrêt de travail pendant deux ans. Une fois rétabli, son état de santé ne lui a cependant pas permis de reprendre le volant d’un camion en raison de la vibration sur la route.

« Je n’avais pas de secondaire. Je n’avais rien, car j’avais lâché l’école. Je suis retourné à l’éducation des adultes pour faire mes mathématiques de secondaire trois. J’y allais le soir et le jour, j’allais en mécanique », explique le papa de deux enfants, qui devrait recevoir son diplôme en décembre prochain. « À date, je passe les modules. Au moins, je vais avoir un diplôme. Tant qu’à me retrouver au salaire minimum et tout recommencer à zéro, j’aimais mieux retourner à l’école. Il fallait que j’aie un diplôme en dessous des pieds. Chauffeur de truck, j’étais plus capable », ajoute celui dont le salaire frisait les 50 000 $ au moment de son accident.

Francis D’Astous a choisi la mécanique automobile principalement parce que la formation se donnait à Baie-Comeau. Avec deux enfants et une conjointe (qui a elle-même deux grands enfants), il se voyait mal quitter la région pour son retour aux études.

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