Un moment magique et majeur

Par Journal Haute Côte Nord 12:00 AM - 16 septembre 2017
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Le réalisateur Jean-Jacques Annaud a été séduit par la mise en scène orchestrée par la Ville de Forestville. Photo Facebook

Le réalisateur Jean-Jacques Annaud a été séduit par la mise en scène orchestrée par la Ville de Forestville. Photo Facebook

Jour de pluie battante sur la plage de la Baie-Verte. La jeune Nola Kellergan, (avec qui Harry Quebert aurait eu plus tard une liaison), court sur la plage, danse sous les gouttelettes et s’amuse comme elle le fait souvent, à nourrir les mouettes. Le lieu, le moment, l’action, la robe rouge, tout est préparé soigneusement. Même les mouettes avaient reçu un traitement de « stars » pour l’occasion.

Mais, non, ce n’est pas là une scène du tournage de cet été à Forestville. C’est plutôt le moyen qu’a pris l’équipe de développement de la Ville pour charmer davantage le réalisateur Jean-Jacques Annaud. Micheline Anctil était encore émue lorsqu’elle a raconté au Journal ce grand moment de l’automne 2016, qui aurait contribué grandement, croit-elle, à faire basculer la décision finale des producteurs en faveur de la Baie-Verte.

Peggy Bourque-Ouellet, agente de développement de communauté, également impliquée dans ce scénario, en rajoute. « On ne savait pas à ce moment qu’on avait été la seule, parmi les nombreuses communautés visitées, à faire une telle chose. Et pour l’occasion, il fallait attirer les mouettes qui jouent un rôle particulier dans le « thriller ». On les a donc nourries à l’avance », a-t-elle révélé en disant aussi que ç’avait été « cool » comme expérience.

La mairesse de Forestville racontait d’ailleurs avec passion la réaction du réalisateur lorsqu’il a vu la jeune actrice (jouée par Mégane Tremblay-Beaudin), incarner le rôle de Nola, se servir de la plage comme un plateau géant. « Et là quand il l’a vue il a crié, « Mais c’est ma Nola » en sortant sa caméra et en demandant à Mégane de courir sur la page comme pour se donner les moyens de visualiser ce qu’il allait tourner quelques mois plus tard », se souvient la mairesse, qui se doutait bien alors que la communauté avait visé dans le mille.

Pas du hasard

Et si la première visite de l’expert en développement de projet Pierre Blondin (Muse Entertainment Entreprises) fut un hasard, ce qui a suivi « n’a pas été une chance », poursuit la mairesse Anctil. « Car malgré un petit doute au départ, nous avons pris la décision de tout faire pour prendre le contrôle de cette occasion qui se présentait », précisant que le coût des efforts déployés est très largement dépassé par les avantages sociaux et économiques d’une telle aventure.

« C’est ainsi que Marc (Pigeon) a joué un rôle fondamental dans l’accompagnement de la compagnie Muse. Visites des sites en 4 roues, en motoneige incluant la fourniture des vêtements appropriés, organisation de rencontres avec des fournisseurs de services et les propriétaires de différents lieux bref, tout ce qui était nécessaire a été fait, se félicite-t-elle, pour permettre une analyse complète de la candidature de Forestville, qui aura duré plus d’un an.

Dans la maison du peuple

Un autre moment fort de ce grand processus de développement de projet a été…une journée d’hiver. Dans les premières semaines de 2017, après plusieurs jours sans nouvelles, les producteurs et le réalisateur veulent revoir la plage. « Mais c’était l’hiver » soulève Micheline Anctil en se souvenant de la hauteur du défi.

Mais avant de se rendre en motoneige sur les sentiers enneigés de la Baie-Verte, ils ont demandé s’ils pouvaient manger. « Ils ne voulaient pas aller au restaurant. On leur a donc servi un dîner dans la salle du conseil. Et ce geste les a profondément marqués». Ils avaient été fiers d’avoir été reçus dans « la maison du peuple », geste ayant été perçu comme un témoignage d’ouverture et d’engagement à les soutenir dans leur production.

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