Transport des animaux d’élevage via le traversier – L’UPA Côte-Nord prend le taureau par les cornes

Par Shirley Kennedy 27 juin 2018
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Photo courtoisie Sylvain Simard

Photo courtoisie Sylvain Simard

Les Bergeronnes – L’Union des producteurs agricoles de la Côte-Nord et son président Martial Hovington, réclament un accès prioritaire pour le transport des animaux d’élevage à la traverse Tadoussac–Baie-Ste-Catherine. Invoquant la nouvelle règlementation concernant le bien-être animal et les impacts économiques, le président de l’UPA Côte-Nord demande l’appui des élus de la région.

Les longues files d’attente constatées à plusieurs reprises à la traverse Tadoussac–Baie-Ste-Catherine préoccupent les producteurs agricoles et les transporteurs d’animaux d’élevage, notamment la filière des producteurs bovins et laitiers de la Côte-Nord.

Le président de l’Union des producteurs agricoles de la Côte-Nord Martial Hovington, demande l’appui des élus de la région afin de convaincre la Société des traversiers du Québec de mettre en place un accès prioritaire aux transporteurs d’animaux d’élevage à son service de traversier de Tadoussac-Baie-Ste-Catherine.

« Ces longues attentes sont problématiques pour les animaux car elles rallongent inutilement la durée du déplacement, leur occasionne des stress, peuvent mener à un excès de transpiration, une augmentation de l’incidence à certaines maladies et une diminution de leur prix de vente », allègue M. Hovington, lui-même éleveur de bovin de boucherie et résident des Bergeronnes.

Mauvaise mine

Soucieux de la santé de leurs animaux, les producteurs agricoles de la Côte-Nord citent la Loi sur le bien-être et la sécurité de l’animal ainsi que les dispositions des codes de bonnes pratiques pour le soin et la manipulation des animaux qui sont de leur responsabilité au chapitre notamment de la planification du transport des animaux de façon à éviter les longues attentes en transit. « Je connais quelques producteurs bovins et laitiers qui ont investi des centaines de milliers de dollars pour améliorer les conditions de leurs animaux. Mais quand on arrive à l’encan et qu’ils ne sont pas en bonnes conditions, c’est plus difficile de les vendre. On peut perdre entre 0,10 $ à 0,15 $ la livre si l’animal a la tête basse et qu’il a eu chaud », ajoute le président de l’UPA Côte-Nord qui affirme parfois devoir patienter avec ses bêtes jusqu’à 1 h 30 dans la file d’attente au traversier.

Martial Hovington précise que son organisation ne réclame pas une priorité d’ambulance, mais plutôt la mise en place d’un accès prioritaire pour les personnes transportant des animaux d’élevage au traversier, bref, « prendre le premier traversier qui est à quai », afin d’arriver le plus rapidement possible et dans des conditions optimales à l’encan de St-Isodore en Beauce.

Le producteur bovin sort de la région à raison de huit fois par an avec ses bêtes et rentre environ à trois reprises annuellement avec une cargaison de vaches ou autres animaux. « Les gens vont dire, ils n’ont qu’à faire le tour par le Saguenay. Mais on oublie ça. On allonge le temps de transport d’environ 1 h 30 ».

Monsieur Hovington estime que l’attente nuit également à la tenue d’événements régionaux tels que Rodéo et autres compétitions équestres présentés chez nous puisque les participants de l’extérieur sont aux prises avec les mêmes problématiques.

Après avoir acheminé une demande d’appui écrite au conseil des maires de la Haute-Côte-Nord, le président de l’UPA a informé le député de René-Lévesque Martin Ouellet, des demandes de son organisation. « Monsieur Ouellet m’a dit qu’il allait rencontrer des gens à ce sujet », ajoute-t-il.

Réactions des élus

Discutée en fin de séance du conseil des maires mardi dernier, la demande de l’UPA Côte-Nord a semblé laisser quelques élus pantois. Ils ont convenu de s’abstenir d’une prise de position immédiate, alléguant que « la diminution du temps d’attente est souhaitable pour tous », alors que le maire de Tadoussac Charles Breton, a souligné qu’un accès prioritaire du côté de Baie-Ste-Catherine est problématique en présence d’une seule voie et que l’embarquement prioritaire « doit se faire sous escorte policière », ajoutant qu’il est difficile pour les élus de prendre position sur un sujet aussi délicat.

La loi du MAPAQ

C’est en décembre 2015 que le législateur québécois amendait les dispositions du Code civil du Québec relatives aux biens meubles et conférait aux animaux domestiques et d’élevage un nouveau statut juridique confirmant que l’animal n’est plus un « bien meuble ». Depuis, les animaux sont considérés légalement comme des êtres doués de sensibilité ayant des impératifs biologiques. Le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec peut maintenant faire appliquer les divers volets de la Loi sur le bien-être et la sécurité de l’animal.

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